Photo: Radio Okapi La Haute Représentante de l'Union européenne pour la Politique étrangère et de Sécurité Catherine Ashton appelle le M23 (Mouvement du 23 mars) à « arrêter immédiatement l'offensive militaire contre la ville de Goma » et invité toutes parties à « autoriser un accès humanitaire sans restriction aux personnes dans le besoin ».
« J'ai suivi les derniers développements à l'Est du Congo avec une grande inquiétude. J'appelle le M23 à arrêter immédiatement l'offensive militaire contre la ville de Goma. Tout soutien du M23 en violation du régime des sanctions et de l'embargo sur les armes en vigueur doit arrêter », a-t-elle déclaré dimanche 18 novembre à Bruxelles (Belgique).
« Toutes les parties doivent autoriser un accès humanitaire sans restriction aux personnes dans le besoin. Ma collègue Kristalina Georgieva et moi-même sommes très préoccupées par les conséquences humanitaires de cette nouvelle flambée de violence, en particulier le sort de plus de 70.000 déplacés internes qui ont commencé à quitter le camp de Kanyaruchinya, au nord de Goma. La Commission européenne est aux côtés de ses partenaires humanitaires pour les aider à délivrer l'aide essentielle », a-t-elle souligné.
Elle a affirmé qu'« il est également important d'encourager la MONUSCO à jouer un rôle actif dans la crise en conformité avec son mandat », considérant que « son rôle est vital pour la protection des civils » et que, par conséquent, « aucune action, destinée à miner le travail de la MONUSCO ne peut être tolérée ».
« J'appelle toutes les parties concernées, y compris les pays voisins à prendre toutes les mesures nécessaires afin d'éviter une plus grande détérioration de la situation et d'empêcher que le conflit ne s'étende. J'attends avec impatience la discussion au Conseil Affaires étrangères de demain (lundi) en vue d'éviter une plus grande escalade et d'encourager une solution durable à long terme », a-t-elle martelé.
« Si Goma tombe », l'aide belge au Rwanda « suspendue immédiatement »
La sénatrice belge Open-Vld, Nele Lijnen a recommandé dimanche 18 novembre au ministre des Affaires étrangères de son pays de « suspendre immédiatement l'aide au développement accordée au Rwanda » si les rebelles du M23 devaient prendre la ville de Goma (Nord-Kivu).
« Si Goma tombe, notre pays doit immédiatement suspendre l'aide au développement accordée au Rwanda et qui ne bénéficie pas directement à la population civile », a-t-elle déclaré. Chaque année, la Belgique accorde quelque 50 millions d'euros chaque année en aide au développement à ce pays africain, rappelle Belga.
Estimant qu'une prise de Goma par le M23 « signifierait que l'approche pragmatique de la diplomatie belge a failli et qu'elle est déconnectée de la réalité », la sénatrice pense que « la voie du dialogue a échoué ». Dès lors, « tirons-en clairement les conséquences », a-t-elle suggéré.
« Ne pas envoyer les enfants à l'école »
Le gouvernement provincial du Nord-Kivu a, dans un communiqué officiel, invité lundi 19 novembre les parents à « ne pas envoyer les enfants à l'école », malgré l'accalmie observée dans la ville de Goma au lendemain de l'offensive du M23 aux abords de Goma.
« La plupart des commerces, écoles, marchés et banques du centre-ville n'ont pas ouvert lundi 19 novembre malgré l'accalmie sur la ligne de front à Munigi, 10 km plus loin. Seuls certains services de l'Etat ainsi que le transport en commun fonctionnent normalement.
Mais, dans les quartiers populaires de Goma comme Birere, Katindo, Ndosho et la zone résidentielle de Himbi à l'ouest de la ville, la vie est légèrement plus mouvementée. La population se ravitaille en denrées de premières nécessités dans les quelques boutiques ouvertes. Contrairement à la veille, les militaires sont moins présents dans la ville. Les éléments de la police-militaire auraient arrêté les militaires en divagation depuis dimanche », selon Radio Okapi.
Kinshasa invité à « prendre ses responsabilités »
La société civile du Sud-Kivu a demandé lundi au gouvernement congolais de « prendre ses responsabilités » et de s'expliquer « clairement autour de l'histoire du M23 », avouant « ne plus rien comprendre ».
Par ailleurs, elle a promis de déclencher « une série d'activités d'envergure et une mobilisation populaire jusqu'à ce que toute la province du Nord-Kivu soit mise à l'abri de l'activisme du M23 ».
Cinq ministres du gouvernement dont celui de la Défense, de l'Intérieur et de l'Education séjournent depuis dimanche à Bukavu. Ils ont été reçus lundi par le gouverneur du Sud-Kivu, Marcelin Cishambo, avant de « se rendre prochainement au Nord-Kivu ».

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