Photo: Radio Okapi Alors que des tensions s'intensifient autour de la ville de Goma, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a demandé la réunion en urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. C'est en principe hier lundi dans l'après-midi que s'est tenue à New York cette réunion, a annoncé à l'avance le porte-parole du Quai d'Orsay.
Malgré l'intervention d'hélicoptères d'attaque des Nations unies en appui à l'armée gouvernementale, la rébellion du M23 ne cesse de gagner du terrain.
Dans le même temps, le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo, a, au cours de son dernier passage à Paris, appelé la France à défendre « haut et fort » aux Nations unies la voix de la République démocratique du Congo, « en proie depuis six mois à une rébellion armée ».
Réuni d'urgence samedi dernier, le Conseil de sécurité a vigoureusement condamné la recrudescence des attaques perpétrées par le M23 dans l'Est de la RDC, exigeant leur cessation immédiate. Il a également annoncé le renforcement prochain des sanctions à l'encontre du leadership de ce mouvement rebelle.
Dans une déclaration faite à la presse en fin de cette journée, le président du Conseil de sécurité pour le mois de novembre et représentant permanent de l'Inde auprès des Nations unies, Hardeep Singh Puri, a également exigé, au nom des quatorze autres membres du Conseil, que cessent la progression du M23 en direction de Goma, le chef-lieu du Nord-Kivu, ainsi que le soutien extérieur et la fournitures d'équipements dont ce groupe bénéficie.
Profondément préoccupés par la détérioration de la situation humanitaire dans la région, les membres du Conseil ont condamné la poursuite des violations du Droit humanitaire international. Ils annoncent leur intention d'appliquer des sanctions supplémentaires ciblées contre les dirigeants du M23 et tous ceux qui violent le régime actuel des sanctions. À ce titre, les Etats membres sont appelés à faire de toute urgence des suggestions au Comité 1533, qui liste individus et entités visés par ce régime et définit son champ d'application.
Le Conseil de sécurité a salué les mesures vigoureuses prises par la Monusco, qui a déployé aujourd'hui des hélicoptères de combat contre les troupes du M23 entre Kibumba et Kibati. Par ailleurs, chargée d'assurer la protection des civils, la Mission a indiqué qu'elle continue d'assurer la sécurité du site de déplacés de Kanyaruchinya, situé à environ cinq kilomètres de Kibati. Ce site, qui héberge déjà plus de 80 000 personnes, vient de recevoir un afflux de 4 000 arrivants supplémentaires depuis le déclenchement des combats.
La déclaration a enfin réitéré l'importance des efforts déployés par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs pour trouver une solution politique durable au conflit. Le secrétaire général Ban Ki-moon a été, quant à lui, prié de poursuivre sa mission de bons offices afin de faciliter le dialogue entre les parties concernés et de faire rapport au Conseil sur l'évolution de la situation dans les jours à venir.

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