United Nations (New York)

Congo-Kinshasa: Le Conseil demande au M23 de se retirer immédiatement de Goma et dit son intention

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D'ENVISAGER D'AUTRES SANCTIONS CONTRE CE MOUVEMENT ET SES APPUIS EXTÉRIEURS

En présence de l'Ambassadeur itinérant du Président de la République démocratique du Congo (RDC), le Conseil de sécurité a adopté ce soir, à l'unanimité, la résolution 2076 (2012)* dans laquelle il demande le retrait immédiat du M-23 de la ville de Goma, de stopper ses avancées et de déposer les armes de manière permanente.

Il exprime son intention d'envisager d'autres sanctions ciblées contre le leadership du Mouvement et contre tous ceux qui lui fournissent un appui extérieur et agissent en violation du régime des sanctions et de l'embargo sur les armes.

Le Conseil demande au Secrétaire général de lui présenter, dans les prochains jours, un rapport sur les allégations de soutien extérieur sur lesquelles, il demande aussi à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) d'enquêter.

Le Secrétaire général doit aussi présenter, dans les jours qui viennent, les options et les implications d'un redéploiement possible des contingents de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) et d'autres multiplicateurs de force, capacités d'observation et troupes, qui pourraient améliorer la capacité de la Mission à mettre en oeuvre son mandat, y compris protéger les civils et surveiller les flux d'armes aux frontières de l'est de la RDC.

Le Conseil, qui réaffirme son engagement en faveur de l'intégrité territoriale de la RDC et qui souligne la nécessité de respecter pleinement les principes de non-ingérence, demande enfin au Secrétaire général de lui présenter les options pour un dialogue de haut niveau entre les parties concernées pour examiner les causes sous-jacentes des crises politiques, de sécurité et humanitaire dans l'est de la RDC.

L'Ambassadeur de la RDC, M. Séraphin Ngwej a souligné que contrairement à la débâcle subie par les assaillants depuis le 15 novembre, les opérations qui ont conduit à la chute de Goma ont bénéficié d'une planification remarquable, d'un réapprovisionnement suffisant et surtout des équipements de visions nocturnes, que ni les Forces armées de la RDC (FARDC), ni la MONUSCO ne comptent dans leurs stocks, à l'exception du Rwanda.

Le territoire rwandais, a-t-il accusé, a servi systématiquement de théâtre de manoeuvres pour contourner les FARDC.

Au regard des faits mis à charge du Rwanda depuis le 2 août 1998 et de son attitude récidiviste à l'égard de la RDC, M. Ngwej a demandé au Conseil de constater une violation des principes de la Charte, une menace sérieuse à la paix et à la sécurité dans la région et une série d'actes d'agression avérés au sens de l'Article 39 de la Charte.

La République démocratique du Congo, a-t-il affirmé, réitère son ouverture au dialogue avec le Rwanda, « toutefois elle ne se contentera plus d'arrangements faciles qui débouchent toujours au bout de trois ans sur les mêmes effets avec les mêmes conséquences », a conclu M. Ngwej.

Le représentant du Rwanda a justement précisé que le Président congolais et le Président rwandais se rencontreront demain dans le cadre de la CIRGL. Il a mis en garde contre les décisions qui pourraient conduire à des sanctions, qui seraient, selon lui, contreproductives sur le terrain.

*S/2012/858: la version française n'est pas encore parue

ADOPTION D'UNE RÉSOLUTION SUR LA SITUATION EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Déclarations

M. SERAPHIN NGWEJ, Ambassadeur itinérant de la République démocratique du Congo, a mis l'accent sur l'importance de cette réunion du Conseil, suite au drame humanitaire qui se déroule à Goma et ses environs, conséquence « de l'agression des troupes régulières de l'Armée rwandaise ». Il a indiqué que la situation dans la province du Nord-Kivu s'est détériorée depuis le 15 novembre dernier après les attaques lancées par les troupes de l'Armée régulière rwandaise contre les positions des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). « De l'avis de beaucoup d'observateurs sur le terrain, les prétendus succès militaires du M-23 à Goma sont plutôt surprenants », a-t-il relevé.

M. Ngwej a estimé que contrairement à la débâcle subie par les assaillants depuis le 15 novembre, les opérations qui ont conduit à la chute de Goma ont bénéficié d'une planification remarquable, d'un réapprovisionnement suffisant et surtout des équipements de visions nocturnes, que ni les FARDC, ni la MONUSCO ne comptent dans leurs stocks, à l'exception du Rwanda. Le territoire rwandais a servi systématiquement de théâtre de manoeuvres pour contourner les FARDC.

M. Ngwej a demandé au Conseil de sécurité de « condamner de la manière la plus ferme le Rwanda » et d'exiger de ce dernier qu'il « mette fin immédiatement à son agression » en retirant ses troupes de la ville de Goma et du territoire de la RDC. Le Conseil doit exiger que « cesse toute forme de violence et toute activité tendant à déstabiliser et à saper l'autorité de l'État congolais » et d'appliquer des sanctions contre les leaders du M-23 et les officiers rwandais.

Il a souhaité une plus grande implication de la MONUSCO en termes de moyens effectifs et logistiques, pour lui permettre de répondre beaucoup plus efficacement aux exigences du maintien de la paix en RDC.

« Maintenant que la responsabilité du Rwanda est clairement établie dans la déstabilisation de son pays, dans les violations des droits de l'homme et dans le drame humanitaire des populations du Nord-Kivu », l'Ambassadeur a estimé qu'au regard des faits mis à charge du Rwanda depuis le 2 août 1998 et de son attitude récidiviste à l'égard de la RDC, le Conseil doit constater une violation des principes de la Charte, une menace sérieuse à la paix et à la sécurité dans la région et une série d'actes d'agression avérés au sens de l'Article 39 de la Charte.

Le Conseil doit aussi constater que le Rwanda a passé outre le principe de la Charte qui enjoint aux États Membres de s'abstenir de recourir à la menace ou à l'emploi de la force. Enfin, le représentant a demandé au Conseil de constater que si un Membre de l'Organisation enfreint de manière persistante les principes énoncés dans la Charte, il peut être exclu de l'Organisation.

La République démocratique du Congo réitère son ouverture au dialogue avec le Rwanda, toutefois elle ne se contentera plus d'arrangements faciles qui débouchent toujours sur les mêmes effets avec les mêmes conséquences, a conclu M. Ngwej.

M. OLIVIER NDUHUNGIREHE (Rwanda) a indiqué que son pays condamnait les combats se déroulant à l'est de la RDC et a appelé les deux parties à se conformer aux décisions prises par la CIRGL. Il a ensuite mentionné les trois versions présentées successivement par la RDC sur les tirs de roquette qui ont frappé le Rwanda lorsque les combats en RDC ont repris, et qui ont fait notamment deux morts au Rwanda. « Tout d'abord les autorités congolaises nous ont dit que ces incidents ne se reproduiraient plus, puis ont dit que c'était le Rwanda qui tirait sur son propre territoire pour justifier une intervention et maintenant elles nous accusent d'avoir tiré sur le territoire de la RDC », a affirmé le délégué du Rwanda.

Demandant au Conseil de condamner de telles attaques, il a précisé que le Président congolais et le Président rwandais devraient se rencontrer demain dans le cadre de la CIRGL. La solution militaire ne peut pas fonctionner, a-t-il poursuivi, appelant à un dialogue entre Congolais et non pas entre « de mauvais interlocuteurs ». Les deux parties doivent s'asseoir à la table des négociations, a-t-il affirmé.

M. Nduhungirehe a ensuite mis en garde contre les décisions qui pourraient conduire à des sanctions, qui seraient, selon lui, contreproductives sur le terrain. Seul le dialogue peut mettre fin de manière durable à un conflit qui a par ailleurs des conséquences sur le Rwanda, a-t-il dit, avant de réfuter les accusations de la RDC et d'indiquer que son pays se tenait prêt pour assister les populations en détresse.

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