Afrique: L'Union africaine, la FAO et l'Institut Lula unissent leurs efforts pour lutter contre la faim en Afrique

communiqué de presse

Photo: Zahra Moloo/IRIN
(Photo archive) - Des paysans africains qui s'organisent contre l'insécurité alimentaire

La sécurité alimentaire africaine, une priorité de premier ordre

Aujourd'hui qu'ils avaient décidé d'unir leurs efforts en vue de contribuer à l'éradication de la faim et de la sous-alimentation en Afrique.

Cette décision a été prise au cours d'une réunion entre la Présidente de la Commission de l'Union africaine, Mme Nkosazana Dlamini-Zuma, le Directeur général de la FAO, M. José Graziano da Silva, et l'ancien Président du Brésil, M. Luiz Inácio Lula da Silva, Président honoraire de l'Institut qui porte son nom.

Cette initiative, qui réunit la direction de la CUA à l'expertise technique de la FAO et qui bénéficie du soutien politique de l'ancien Président du Brésil, est le signe d'un engagement renouvelé à lutter contre la faim. Les connaissances et le soutien d'autres partenaires internationaux, régionaux et nationaux seront également au rendez-vous pour renforcer ce partenariat.

Au cours de leurs assises au siège de l'Union africaine à Addis-Abeba, les trois parties ont convenu de convoquer une réunion de haut niveau avec des dirigeants africains et internationaux sur les «Nouvelles approches unifiées pour mettre un terme à la faim en Afrique». Cette réunion de haut niveau se tiendra les 4 et 5 mars 2013 à Addis-Abeba.

«La sécurité alimentaire est l'une des principales priorités de l'Union africaine. L'Afrique a le potentiel d'augmenter sa production agricole, car près de 60% des terres arables du continent ne sont pas encore utilisées. Cet énorme potentiel peut faire une réelle différence pour améliorer notre production agricole et notre sécurité alimentaire. Il est temps d'aller au-delà de la production agricole de subsistance et de réfléchir aux moyens de se lancer finalement dans la production agro-industrielle», a déclaré Mme Dlamini-Zuma.

L'expérience du Brésil

Pour sa part, le président Lula a souligné sa volonté de partager avec la FAO et l'Union africaine l'expérience réussie du Brésil en matière de lutte contre la faim et de distribution des revenus grâce à des transferts monétaires et à un développement profitant à tous. Il a ajouté qu'un 'miracle' était nécessaire pour stimuler la production agricole.

«Le miracle permet aux pauvres d'avoir accès au crédit et à aux technologies. Nous voulons que les pauvres apprennent qu'avec le crédit et les technologies, ils produiront davantage, mangeront mieux, auront des excédents à vendre et des revenus supplémentaires pour améliorer la vie de leur famille», a déclaré M. Lula da Silva.

«L'avènement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique exige à la fois une meilleure gouvernance, une volonté politique renouvelée et un engagement ferme de développer ensemble des programmes nutritionnels et de sécurité alimentaire novateurs et complets, ainsi que des stratégies impliquant tous les acteurs concernés», a souligné M. Graziano da Silva. «Il s'agit d'un effort emmené par l'Afrique et bénéficiant du soutien de partenaires tels que la FAO et l'Institut Lula», a-t-il ajouté.

La participation des femmes

Mme Diamini-Zuma, M. Lula da Silva et M. Graziano da Silva sont tombés d'accord sur le fait qu'il était important de déployer davantage d'efforts pour renforcer la participation des femmes dans les systèmes agricoles et alimentaires et investir en faveur des enfants et des jeunes.

«Les femmes sont très impliquées dans l'agriculture. En conséquence, nos programmes doivent prendre en compte leur participation et celle des jeunes, a déclaré Mme Dlamini-Zuma. Nous avons également convenu de travailler ensemble sur une des initiatives importantes de l'Union africaine, le Programme de Développement des Infrastructures en Afrique (PDIA). Sans des infrastructures, nous ne pourrons jamais atteindre notre plein potentiel en matière de développement», a-t-elle dit.

Les trois dirigeants ont également discuté du lien entre conflits, faim, paix et sécurité alimentaire. «La sécurité alimentaire est la meilleure arme pour promouvoir la paix», a résumé M. Graziano da Silva.

Vision partagée d'une Afrique libérée de la faim

Le partenariat des trois organisations sera basé sur une vision partagée, à savoir qu'une Afrique libérée de la faim est possible et que des efforts concertés peuvent permettre des améliorations tangibles en matière de sécurité alimentaire et de nutrition, inversant ainsi la tendance haussière du nombre d'affamés. A cet égard, rappelons que le nombre de personnes sous-alimentées en Afrique est passé de 175 millions au début des années 90 à 239 millions aujourd'hui.

Bien que de nombreux défis persistent sur le continent africain, les trois dirigeants ont noté qu'il existait de nombreux exemples positifs de pays réalisant des progrès significatifs en matière de sécurité alimentaire et de nutrition. Leur succès, ainsi que d'autres exemples positifs tels que celui du Brésil, doivent être mis à profit pour apprendre et tabler sur des solutions avérées.

Parmi les domaines où il convient de privilégier l'action, les trois dirigeants ont convenu de la nécessité de miser sur des initiatives couronnées de succès et de promouvoir le partage des connaissances entre les pays. Ils ont également souligné qu'il convenait de faciliter le dialogue de haut niveau afin de renforcer l'engagement politique dans la lutte contre la faim, l'insécurité alimentaire et la malnutrition.

Les leçons des expériences réussies

La réunion a permis de souligner qu'il restait beaucoup à faire en termes de coordination, répartition et allocation des ressources financières et humaines et de renforcement des capacités institutionnelles régionales et nationales. Dans ce contexte, le partenariat renouvelé entre les trois organisations, grâce à des actions concrètes, augmentera la valeur des efforts visant à l'amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique.

Ce partenariat renouvelé permettra d'identifier tous les facteurs politiques, économiques, sociaux et humains susceptibles de favoriser une croissance, une sécurité alimentaire et une nutrition qui soient profitables à tous. Il apportera aussi de la valeur ajoutée aux initiatives et programmes en cours en encourageant l'engagement politique et en imprimant l'élan nécessaire à un engagement plus large de la part d'autres agences nationales et internationales. Il encouragera aussi la participation du secteur privé, renforcera le rôle de la société civile, tirera les leçons des expériences nationales réussies et capitalisera sur de nouvelles formes de partenariat novateur et solidaire.

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