Magharebia (Washington DC)

22 Novembre 2012

Algérie: Lente fin de campagne pour les élections locales

Alger — Cinquante-deux partis sont en lice pour les élections locales en Algérie, mais peu d'entre eux ont réussi à obtenir les financements nécessaires et à présenter des listes dans toutes les communes.

Alors que certains Algériens s'interrogent sur la crédibilité des élections locales prévues le 29 novembre, la campagne, qui arrive à son terme, semble stagner.

Nombreux sont ceux qui se sont montrés critiques envers le gouvernement, à l'instar de Bouguerra Soltani, président du Mouvement pour la société de la paix, d'obédience islamiste. Il a déclaré que "il n' y a aucune volonté de changement au sein du pouvoir."

Après avoir reçu un rapport de l'UE sur ces élections, le gouvernement a décidé d'appliquer dix-sept des trente-et-une recommandations qui lui ont été adressées, a expliqué Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse organisée le 6 novembre.

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal a pour sa part rassuré la classe politique, affirmant que ces élections seront "crédibles".

Cinquante-deux partis s'affrontent lors de ce scrutin. Mais la majorité d'entre eux n'ont obtenu leur agrément que récemment et connaissent des difficultés financières.

Un véritable obstacle qui a les amenés à réduire leurs listes de candidats, remettant en cause leur présence dans les assemblées de wilayas et de communes. Cela les a également contraints à limiter leurs déplacements dans le pays, leur laissant seulement la possibilité de participer à des réunions communales dans des quartiers populaires.

Mohamed Seddiki, président de la Commission nationale de surveillance des élections locales, a suggéré au gouvernement algérien d'accorder des aides financières aux petits partis afin qu'ils puissent couvrir les frais de leurs campagnes électorales.

Mais la loi sur les partis en Algérie ne leur permettant pas de bénéficier d'une aide financière du gouvernement, les partis devront attendre une réforme législative.

Les seuls partis à soumettre des listes de plus de 1 500 candidats sont le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND), selon les chiffres fournis par le ministère de l'Intérieur

Les autres formations doivent se contenter d'une présence presque symbolique.

"Sur les 52 partis en lice pour les locales, 36 ont présenté moins de 100 candidats, 25 sont même présents avec seulement 50 candidats. Un parti est représenté dans deux listes seulement", a précisé le ministre de l'Intérieur Dahou Ould Kablia, le 20 octobre, lors d'une conférence de presse.

L'abstention des électeurs est habituellement élevée lors des élections locales, et certains redoutent que cela ne soit effectivement le cas le jour du scrutin.

"Les choses ne devront pas changer pour le 29 novembre", a expliqué à Magharebia Kaci Amrani, journaliste spécialiste dans les questions politiques. Et tandis que les citoyens reconnaissent l'importance de ce rendez-vous, les citoyens expriment leur espoir de changement.

"Je souhaite que ces élections permettent d'élire enfin des représentants locaux capables de répondre aux aspirations des citoyens en matière de logement, de travail et de santé", a déclaré Ramzi B, étudiant en médecine.

Plusieurs partis fortement ancrés dans le paysage politique ont décidé de boycotter ce scrutin, à l'instar du Front pour la justice et le développement.

Le gouvernement ne veut pas établir "une ouverture démocratique réelle", explique Abdellah Djaballah, leader de ce parti islamiste.

D'autres citoyens ont décidé de s'abstenir lors de ce scrutin pour exprimer leur mécontentement envers les agissements de certains maires. C'est le cas de Karima Ouali, fonctionnaire, qui affirme qu'elle n'ira pas voter le 29 novembre. Elle explique que de nombreux élus locaux "sont poursuivis en justice pour des affaires liées à la corruption".

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