L'itinéraire du TGV ressemblait à un « film efa nandeha », c'est-à-dire à du déjà vu en 2007. Avec les embouteillages en moins car la circulation était coupée hier sur le passage de celui qui veut peut-être conjuguer le présent au passé décomposé.
« Brigue-t-il de nouveau la mairie de Tana ? » Bon nombre d'observateurs se posaient la question en voyant l'ancien maire élu de la capitale sillonner hier les bas quartiers, comme il l'avait fait en 2007. Presque à la même époque de l'année. Le projet « lalankely » remis en selle par le président de la Transition était d'ailleurs celui du candidat Andry TGV.
Vary sy rano. Le choix du moment n'était sans doute pas un hasard du calendrier, puisque l'opération intervient pendant la saison des pluies c'est-à-dire en pleine galère dans les bas quartiers où le « vary mora » et les eaux stagnantes et non moins usées ne font pas toujours bon ménage, contrairement à l'adage malgache « vary sy rano ». En tout cas, les bas quartiers auront aussi leur « panem et circenses » avec le temple du rugby dont les travaux avancent à grand pas, pour parodier le slogan de l'entreprise qui a obtenu le marché.
Un homme, une voix. Pareil clientélisme à l'endroit des couches les plus défavorisées est une stratégie récurrente pour n'importe quel dirigeant en place qui est coutumier du fait.
Et ce, en vertu du principe « un homme, une voix ». Dans les urnes, les voix des bas quartiers comptent autant que celles des autres électeurs résidant dans des endroits moins insalubres. Deux catégories de citoyens dont la fracture (sociale) a été accentuée par la crise 2009 où les pro-Rajoelina ont été péjorativement qualifiés de « foza » par les « zanak'i Dada », quand bien même l'un et l'autre camp comprennent des citoyens de tous les quartiers.
Victime. De toute façon, ce ne sont pas seulement les premiers qui avaient voté Andry TGV le 12 décembre 2007, tout comme les seconds n'étaient pas tous forcément pour Hery Rafalimanana. En tout cas, les voix des électeurs - quels que soient leurs quartiers - ne sont pas définitivement acquises pour un candidat ou perdues une bonne fois pour toutes pour un autre. Le contexte était différent 3 ans auparavant où le propriétaire d'Injet donnait l'image d'une victime du fondateur de Tiko.
Balance des votes. Aujourd'hui, le cliché de la victime est plus ou moins renversé. Ce qui risque de peser dans la balance des votes, si tant est que les deux principaux protagonistes de la crise puissent se mesurer à la loyale dans la prochaine course à la magistrature suprême. En ce qui concerne Andry TGV, sa candidature est visiblement sur les rails, à en juger par son itinéraire dans les bas quartiers où bat son plein, en cette saison des pluies, la pêche aux « foza orana ». Au sens propre du terme, même si ce genre de crabe est plutôt impropre à la consommation.
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