Arrivé un peu après 10 heures 30 minutes au siège de la section « Recherches » de la compagnie de Gendarmerie de Dakar, à Colobane, l'ancien ministre d'Etat y était toujours au-delà de minuit. Les autorités n'ayant pas communiqué officiellement sur le sujet, les supputations sont allées bon train autour de l'issue de cette troisième convocation de Karim Wade déjà interdit de sortie du territoire national.
Gestion de l'Agence nationale de l'organisation du Sommet de la Conférence Islamique (Anoci), biens immobiliers au Sénégal et à l'étranger, comptes bancaires off-shore : les commentaires allaient bon train toute la journée d'hier aux alentours de la caserne Samba Diéry Diallo où l'establishment du Pds avait installé, si l'on ose dire, son quartier général, pour les raisons de la convocation du fils de l'ancien président de la République.
Sous des tentes, plusieurs responsables de premier plan du parti de Me Abdoulaye Wade, entourés de militants décidés à exprimer leur soutien à l'ancien patron de la « Génération du concret », ont fait revivre les grandes heures de l'opposition ; « une position naturelle pour lui et qu'il connaît bien », selon la formule d'un jeune responsable libéral.
Rien n'a filtré du tête-à-tête entre Karim Wade et les hommes du capitaine Cheikh Sarr, mais sa longueur - la plus longue parmi les trois - a fait naître toutes sortes de commentaires parmi la foule qui, jusqu'à une heure avancée de la nuit, guettait une probable sortie de Karim Wade des locaux de la caserne.
Deux choses demeurent constantes : la première est qu'au regard de la nature de la procédure, les enquêteurs tiennent quelque chose de « costaud ». Des proches de Karim Wade, dont plusieurs journalistes, ont été entendus hier. La seconde a trait à la mobilisation dont a fait montre le Pds à l'occasion (voir article par ailleurs). Secret de l'instruction oblige, les pandores n'ont pas communiqué sur le sujet mais il est clairement établi que les prochaines heures ne devraient pas être de tout repos pour l'ancien ministre d'Etat.
Rixe entre militants libéraux et ceux de « Benno »
C'est un peu avant 17 heures que des jeunes, habillés de tee-shirts floqués d'inscriptions disant leur appartenance à la majorité présidentielle, sont arrivés, hier, aux alentours de la caserne Samba Diéry Diallo où patientaient depuis les premières heures de la matinée des responsables et militants du Pds venus manifester leur soutien à Karim Wade.
Il y a eu plus de peur que de mal car les échauffourées n'ont pas duré. La gendarmerie n'a même pas eu à intervenir. Les militants de « Benno », la majorité présidentielle, entendaient faire savoir aux soutiens de Karim Wade que « force devait rester à la loi » et qu'il devait s'expliquer devant la justice. De leur côté, les libéraux, ont pris cette initiative comme « une provocation ».
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