21 Décembre 2012

Cameroun: Des médicaments d'un milliard de francs brulés

La décharge de Nkol-Mfoulou, située sur la route de Soa a accueilli vendredi 14 décembre dernier, un stock de médicaments estimé à un milliard de francs cfa. Ces produits intervenant dans la prise en charge gratuite du paludisme, du Vih/sida (antirétroviraux), de la tuberculose, de l'onchocercose et de bien d'autres pathologies étaient périmés.

Cette situation n'a pas manqué de se ressentir sur le terrain. Hier, jeudi à l'hôpital de district de Nkolndongo, Aline Ondobo est perdue dans ses pensées. Entre ses mains, une ordonnance médicale qu'elle vient de recevoir d'un médecin de cette formation hospitalière. Son fils de 4 ans souffre du paludisme depuis une semaine. « J'ai d'abord acheté le billet de session, puis je lui ai fait faire les examens qui ont été prescrits. C'est suite à cela que j'ai su que mon fils souffre de la malaria », raconte la mère du petit garçon. Elle précise qu'elle ne dispose pas d'assez d'argent pour acheter tous les médicaments prescrits. Depuis sa naissance, avoue-t-elle, son fils n'a jamais bénéficié de la gratuité du traitement du paludisme.

Honorine Blanche Kouma est, elle aussi, venue avec son fils de moins de 05 ans. Elle dit aussi n'avoir jamais entendu parler de gratuité du traitement du paludisme à Nkolndongo. Pour sa part, Berthe Assa déclare : « j'ai entendu parler de la gratuité du traitement contre le paludisme pour les enfants âgés de moins de 05 ans. Mais, je n'en ai pas encore bénéficié, pourtant ma fille à 04 ans. Je paye chaque fois ses soins. Peut-être que lorsque vous en parlerez dans les colonnes de votre journal, le décret présidentiel entrera en vigueur.» Au Centre médical d'arrondissement (Cma) de Djoungolo des mères d'enfants affirment avoir toujours payé les frais de traitement contre le paludisme simple de leur progéniture.

Le personnel du centre médical d'arrondissement(Cma) de Djoungolo a préféré ne pas se prononcer. Le secrétaire permanent du Comité national de lutte contre le paludisme, le Dr Etienne Fondjo, soutient que depuis février 2011 la gratuité du traitement contre le paludisme simple est effective pour les enfants de 0 à 05 ans dans toutes les formations sanitaires. Ce qui, selon lui, a fait baisser « le taux de maladie. En 2008, il était à 41% aujourd'hui il est à moins de 30%. » Au Centre d'approvisionnement pharmaceutique régional du Centre (Capp), une source indique qu'après le décret présidentiel de 2010 rendant gratuite la prise en charge du paludisme chez les enfants de 0 à 05 ans, tous les stocks ont été inventoriés et mis à la disposition du ministère de la Santé publique qui les a subventionnés.

Seulement, les premiers médicaments sont arrivés en mars 2011 mais n'avaient pas de mode d'emploi. « Les dates de péremptions étaient pour octobre et novembre de la même année » indique-t-elle. Un état de choses qui a été aggravé par le manque de formation du personnel sanitaire. Notre source va poursuivre : « Nous avons été pénalisé dans le cadre de positionnement du produit sur le terrain. Les laborantins n'étaient pas formés à l'utilisation de ces tests. Une bonne quantité a été évacuée pour cause de péremption.»

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