Magharebia (Washington DC)

20 Décembre 2012

Maroc: Les Marocains luttent contre la corruption

Rabat — Des spots destinés à sensibiliser les citoyens aux méfaits de la corruption sont diffusés sur les ondes des radios et télévisions marocaines.

Le gouvernement a lancé en début du mois une campagne destinée à sensibiliser les citoyens contre la corruption.

Le ministère de la Fonction publique a déclaré lors d'une conférence de presse organisée le 10 décembre à Rabat destinée à présenter cette nouvelle campagne que la corruption "est un phénomène culturel. Aussi faut-il s'y attaquer le plus tôt possible".

Un avis partagé par la sociologue Samira Kassimi, qui souligne que la corruption est aujourd'hui profondément enracinée dans la société et la culture marocaines.

"J'espère que ces spots inciteront les citoyens à réclamer leurs droits sans être contraints de verser des pots de vin", dit-elle.

L'approche gouvernementale ne consiste pas uniquement à sensibiliser les citoyens, elle comporte également des mesures destinées à renforcer l'arsenal juridique des tribunaux.

Les textes actuels n'ont pas permis d'atteindre les objectifs fixés, a estimé El Guerrouj.

Il s'agit également de renforcer le rôle des institutions de contrôle, notamment l'Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC).

Son président, Abdesselam Aboudram, a à cet effet déclaré : "Dans notre rapport, nous avons souligné l'urgence de la mise en place d'une stratégie."

"Au niveau du gouvernement, il existe une volonté de combattre la corruption, notamment par la publication des listes d'agréments de transport et de carrières, la présentation des dossiers de la Cour des comptes à la justice, la chasse aux fonctionnaires fantômes, le principe de non-cumul de fonctions au niveau de l'éducation et de la santé, etc", a-t-il relevé.

De telles mesures ne doivent pas être isolées, mais doivent s'inscrire dans une politique générale assurant leur efficacité et leur bonne perception par l'opinion, a-t-il expliqué à Magharebia.

Même son de cloche chez la politologue Bahia Fikri, qui estime que si une campagne de sensibilisation est nécessaire, il faut s'attaquer en premier lieu à la réforme juridique à travers la mise en place d'un système d'accès aux informations par les citoyens.

Les réformes doivent également renforcer la protection des victimes et des dénonciateurs, a-t-elle ajouté.

Du côté des citoyens, les avis divergent entre ceux qui croient au changement et ceux qui pensent que le problème est si profondément enraciné et complexe qu'il ne pourra jamais disparaître.

Sanae Chekhmani, assistante de direction de 32 ans, fait partie des premiers. Pour elle, si les efforts déployés par le gouvernement sont réels et vont jusqu'au bout, il sera alors possible d'éradiquer ce fléau. Elle se dit favorable aux spots de sensibilisation qui incitent les citoyens à ne pas se taire et à dénoncer la corruption.

En revanche, l'étudiant Hamid Chetatou estime que même si cette campagne de sensibilisation devait être diffusée pendant une année, elle n'arrivera pas à changer les choses tant que les fonctionnaires de l'administration tenteront de tirer parti du système.

"Bien sûr, il ne faut pas généraliser. Mais c'est devenue une pratique répandue, considérée comme normale aussi bien par les corrompus que par l'opinion publique", conclut-il.

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