22 Décembre 2012

Egypte: Référendum - de nombreuses irrégularités au deuxième jour de vote

Photo: Xinhua/STR
Les supporteurs de Mohamed Morsi ont finalement pris le dessus avec l'adoption de la nouvelle constitution en Egypte

Les Egyptiens votent, ce samedi 22 décembre, dans le cadre du référendum sur le projet de Constitution défendu par le président et les Frères musulmans. Le 15 décembre, la première moitié du pays a déjà voté. C'est désormais au tour des villes du canal de Suez, ainsi que d'une partie de la périphérie de la capitale, de s'exprimer. Les bureaux de vote vont rester ouverts jusqu'à 23 heures, mais cette deuxième journée de vote est entachée de nombreuses irrégularités.

Comme lors de la première phase du vote, la commission électorale a décidé de jouer les prolongations, du fait de l'affluence et de l'insuffisance des bureaux de vote.

Le scrutin, qui a commencé à 8 heures du matin, se terminera donc à 23 heures. Mais pour beaucoup d'observateurs, il aurait été beaucoup plus pratique d'étendre le scrutin sur deux jours dans ces régions, comme cela avait été le cas lors de la présidentielle.

ONG islamiques fraîchement créées

Un autre problème, constaté lors de la première phase du référendum, n'a fait qu'empirer : les autorités avaient privé des organisations historiques de permis d'observer les élections, alors qu'elles les avaient généreusement distribués, et en blanc, à des ONG islamiques fraîchement créées.

Près de 10 000 nouveaux permis ont été délivrés, pour des observateurs qui n'ont observé aucune irrégularité, tant ils étaient occupés à tenter d'influencer les électeurs dans le sens du « oui ».

Lenteur des files de femmes

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont dénoncé un ralentissement prémédité du vote de certaines catégories d'Egyptiens. Les chrétiens et les femmes étaient visés. Les chrétiens, car ils allaient certainement dire « non » à une Constitution islamisante. Les cas les plus flagrants ont eu lieu dans une province à très forte minorité chrétienne : Minieh, en Moyenne-Egypte.

Le vote des chrétiens était intentionnellement ralenti dans les villes, ou tout simplement interdit dans des villages, par des islamistes. Pour les femmes, on a noté dans toutes les villes que les files féminines avançaient beaucoup moins vite que celles des hommes.

Les forces de l'ordre sans réaction

Les femmes auraient elles aussi plutôt tendance à dire « non » à une Constitution qui risque de les priver de droits acquis de haute lutte : celui de pouvoir demander le divorce pour incompatibilité, et celui de garder le domicile conjugale si la femme répudiée a des enfants en bas âge.

Plusieurs cas d'agressions contre des femmes non voilées par des femmes en niqab ont été signalés. Les forces de l'ordre ne sont pas intervenues, sous prétexte que cela avait eu lieu hors de l'enceinte des bureaux de vote.

Le gouverneur de la Banque centrale a-t-il démissionné ?

Des informations contradictoires nous sont parvenues ce samedi 22 décembre sur la possible démission de Farouk al-Oqda, gouverneur de la Banque centrale égyptienne. Dans un premier temps, la télévision étatique a rapporté la nouvelle de sa démission. Mais le gouvernement a aussitôt démenti. S'agit-il d'une erreur médiatique ? D'un nouveau couac gouvernemental ? D'une démission déposée mais pas encore acceptée ?

Dans tous les cas, l'affaire est sérieuse. Farouk al-Oqda est considéré comme le plus brillant gouverneur de la Banque centrale que l'Egypte ait connu. Il a réussi l'exploit de maintenir la livre égyptienne à flot malgré la crise économique et la baisse du tourisme qui ont suivi la révolution de janvier 2011. La livre a perdu moins de 3% face au dollar durant cette période.

Al-Oqda est aussi parvenu à ralentir l'hémorragie des réserves de la Banque centrale en dollars. Mais il a tiré la sonnette d'alarme il y a quelques jours, car les réserves étaient tombées à 15 milliards de dollars, l'équivalent de trois mois d'importations seulement. Lors de l'entrevue qu'il avait demandée au président, il a été surpris de voir ce dernier lui demander de faire fonctionner la planche à billets. Al-Oqda a refusé, pour ne pas aggraver une inflation déjà à 10%.

Plus tôt ce samedi, Mahmoud Mekki, vice-président d'Egypte, a par ailleurs annoncé sa démission, sans démenti cette fois-ci. « J'ai réalisé depuis un moment que la nature du travail politique ne convient pas à ma formation professionnelle de juge », a-t-il confié dans un communiqué obtenu par l'Agence France-Presse.

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