Le Nouveau Réveil (Abidjan)

24 Décembre 2012

Cote d'Ivoire: Les pro-Gbagbo sont rentrés à Abidjan après 20 mois de détention

Le FPI boude, Aké N'gbo reconnaissant au président Ouattara

Deux véhicules 4X4, une escorte d'une vingtaine de bérets et un comité d'accueil qui les attendent. L'ancien Premier ministre du gouvernement illégitime de décembre 2010, Aké N'gbo, et trois autres de ses ex-compagnons de cellule, en détention depuis 20 mois dans la prison de Boundiali, ont été accueillis samedi matin, à l'hôtel Ivoire d'Abidjan.

Au pied de l'immeuble, s'était regroupé le comité d'accueil : les anciens collaborateurs conduits par Gervais Coulibaly, ancien porte-parole de Laurent Gbagbo, des anciens détenus comme Lagou Henriette, Dogbo Raphaël et Gnamien Yao, des proches, amis et connaissances. Accolades chaleureuses, prises d'images, sourires abondants : les pro-Gbagbo n'ont pas boudé leur joie. Sauf, un, le Fpi. La direction du parti de Gbagbo était remarquablement absente. Képi, jaquette, jeans, chevelure noire et drue, moustaches touffues, Aké N'gbo, plutôt bien conservé malgré ses mois de détention, a eu des mots de gratitude à l'endroit du chef de l'Etat, Alassane Ouattara, et à la classe politique. «Je voudrais profiter de cette occasion pour remercier tous ceux qui ont contribué à notre libération. Je commencerai par le président Ouattara, le gouvernement et, en particulier, le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko, et ses collègues de la Justice et de la Défense. Je voudrais remercier la direction de tous les partis politiques qui animent la vie sociale en Côte d'Ivoire, en commençant par le Front populaire ivoirien (Fpi), le Rhdp et les partis membres du Cadre permanent de dialogue (Cpd). Je voudrais sincèrement dire merci à tous ces partis politiques. Je voudrais également, avec votre permission, faire un clin d'œil à tous ces amis qui, par leurs prières, leurs vœux, ont contribué à la situation que nous sommes en train de vivre, c'est-à-dire à notre libération», a dit l'économiste et ancien président de l'université de Cocody.

Sans surprise, il a plaidé pour que le gouvernement élargisse «son cadeau de Noël» à ses camarades encore dans les geôles. «Je voudrais également, a dit Aké N'gbo, supplier le gouvernement pour qu'il pense à élargir toutes celles ou tous ceux qui sont encore privés de libertés, surtout en cette fin d'année». Sont arrivés, samedi, aux côtés d'Aké N'gbo, l'ancien ministre Désiré Dallo, le syndicaliste Mahan Gahé et le conseiller technique de Laurent Gbagbo, Gnahoua Zibrabi Norbert. «Nous continuons à expliquer au gouvernement qu'il faut que les gestes qu'ils ont commencés, qui sont des grands gestes d'apaisement, se poursuivent», a ajouté Gervais Coulibaly, indiquant que son «rôle était d'organiser» le retour de ses amis. Quatre autres pro-Gbagbo sont également en liberté provisoire depuis le jeudi 20 décembre.

Ce sont l'ex-milicien Maho Glofié, qui était à la Maca, l'ex-ministre Christine Adjobi, admise quelques jours plus tôt, à la Pisam à Abidjan, Jean-Jacques Béchio et le commandant Dua Kouassi Norbert, initialement détenus à Kataiola et à Korhogo. Dans un communiqué publié le même samedi 22 décembre, le Fpi a, volontiers, nié les enjeux politiques de ces mises en liberté, y voyant plutôt «l'aboutissement partiel des actions menées par les avocats qu'il tient à remercier pour le travail immense abattu dans des conditions extrêmement difficiles». Aké N'gbo et ses compagnons, eux, ont retrouvé leurs domiciles et leur liberté.

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