Le Pays (Ouagadougou)

23 Décembre 2012

Burkina Faso: Résultats definitifs des législatives - Le CDP conserve ses 70 sièges

Photo: Fasozine
Me Barthélémy Kéré, le président de la Céni, entouré des autres membres , lors de la proclamation des résultats provisoires des élections générales de décembre 2012.

Le Conseil constitutionnel a proclamé les résultats définitifs des législatives du 2 décembre 2012 le 21 décembre dernier. C'était en présence du ministre de l'Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité (MATDS), Jérôme Bougouma, du président de la Commission électorale nationale indépendance (CENI), Me Barthélémy Kéré et des responsables de partis et formations politiques. Ces résultats donnent le CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès) vainqueur du scrutin avec 70 sièges, suivi de l'UPC (Union pour le progrès et le changement) avec 19 sièges.

Il n'y a pas eu de surprise. Les résultats définitifs proclamés par le Conseil constitutionnel, à la différence du nombre des voix, sont les mêmes que ceux publiés par la CENI en termes de nombre de députés obtenus par les différents partis et formations politiques. Le CDP conserve ses 70 sièges, l'UPC ses 19 sièges, et l'ADF-RDA ses 18 sièges. L'UNIR /PS reste propriétaire de ses 4 sièges ainsi que l'L'UPR qui siégera avec 5 députés. Le PDS/Metba conserve également ses 2 sièges et le CFD/B ses 3 sièges. Les autres partis et formations politiques à savoir le RDB, le CNPB, "Le Faso autrement", l'UNDD le RDS et l'ODT n'ont pas vu évoluer le nombre de leurs députés. Chacun de ses 6 partis sera représenté à l'Assemblée nationale par un seul député. Avant de donner ces résultats, le président du Conseil constitutionnel, Dé Albert Millogo a confié que son institution a enregistré 21 requêtes et a rendu autant de décisions.

Elle a aussi fait des redressements et des annulations avant de parvenir à la publication de ces résultats, a-t-il ajouté. La décision ainsi rendue le 21 décembre sera notifiée à la CENI, aux partis politiques ayant pris part aux élections et sera également publiée au Journal officiel du Faso, a-t-il indiqué. Le directeur national de campagne du CDP, Jean Léonard Compaoré, qui a assisté à la proclamation de ces résultats, a confié que son parti est globalement satisfait car il reste toujours majoritaire. "Nous avons plus d'un million de suffrages alors que celui qui nous suit n'a même pas la moitié. Le CDP reste et demeure le plus grand parti du Burkina », a-t-il laissé entendre. Avec les résultats que l'on a, on voit, a-t-il dit, que le CDP a fait une ouverture car 13 partis accéderont à l'Assemblée et ce, grâce au mode de calcul des sièges, le plus fort reste. A l'en croire, il n'y a pas plus de deux pays au monde qui pratiquent, la proportionnelle au plus fort reste. Le CDP a pris un risque en instaurant un tel mode de répartition des sièges. Si on faisait comme aux municipales, la proportionnelle avec la plus forte moyenne, le CDP obtiendrait près de 90 députés. Mais, c'est expressément fait pour permettre à plusieurs partis de pouvoir prendre part aux débats républicains, a-t-il révélé. Mais cela n'est-il pas dû au contexte ? Pour répondre à cette question, M. Compaoré fera remarquer que malgré le contexte, le peuple burkinabè reste confiant au CDP car il a obtenu près de 1,5 millions de suffrages.

Il n'y a pas de recul

A la question de savoir si le parti n'a pas perdu des sièges contrairement au scrutin précédent, Jean Léonard Compaoré dira qu'il n'y a pas de recul. Le CDP, a-t-il fait savoir, dispose une majorité absolue à l'Assemblée nationale et au niveau national et avec les résultats des partis de la mouvance et de la majorité présidentielle, il a une majorité qualifiée. Pour lui, ce scrutin est celui de tous les records, aussi bien au niveau des partis ayant pris part au scrutin qu'au niveau des votants ou des bulletins nuls. Le fait que le nombre des députés du CDP à ce scrutin soit inférieur à celui précédent ne constitue pas un recul mais plutôt, une avancée pour la démocratie, a-t-il signifié. Répondant à une question relative aux bagarres postélectorales, Jean Léonard Compaoré soutiendra que son parti n'a jamais fait de la bagarre. « Au niveau de la politique, c'est le fair-play. Sont ceux qui ne le comprennent pas qui font la bagarre ou gardent des rancoeurs inutiles. Le meilleur a gagné et c'est nous les meilleurs », a-t-il martelé. De l'avis de Jean Léonard Compaoré, les échauffourées entre les militants du CDP et ceux de l'UNIR /PS auxquelles l'on a assisté à Téma Bokin n'ont rien à voir avec les législatives car il s'agit des municipales, donc une affaire locale. Si Jean Léonard Compaoré se dit largement satisfait des résultats de son parti, l'opposant Hama Arba Diallo du PDS/Metba estime que le Conseil constitutionnel ne l'a pas appris autre chose que ce qu'il savait déjà. "On nous a fait attendre plus d'une heure pour ne nous dire que ce que nous savions déjà. C'est le pays, plus ça change, plus c'est la même chose. C'est tout le pays qui avait des recours surtout concernant les résultats au Kadiogo et tout le monde attendait, mais on ne sait pas ce qu'il en est. Toutefois, nous allons essayer de lire en français facile ce qui a été dit », a-t-il ironisé. Le directeur de campagne de l'UPC Nathanaël Ouédraogo s'est, pour sa part, gardé de tout commentaire.

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