La Prospérité (Kinshasa)

25 Décembre 2012

Afrique Centrale: Le M23 va à l'encontre du communiqué de la CIRGL!

Kinshasa — Les pourparlers de Kampala entre la partie congolaise et le M23 ne reprendront que le 4 janvier 2013. Ces pourparlers, comme on le sait, achoppent sur un point sensible. Celui de la signature d'un cessez-le-feu officiel entre Kinshasa et ce mouvement rebelle. Ce cessez-le-feu, réclamé de vive voix par la délégation conduite par François Rucogoza, trouve une résistance, jusque-là, inflexible, de la part de Kinshasa. En clair, la partie gouvernementale a, simplement, renvoyé le M23 aux prescrits du communiqué officiel des Chefs d'Etat de la Conférence Internationale pour la Région des Grands lacs (CIRGL), communiqué indiquant que le gouvernement congolais devrait écouter et évaluer les revendications du M23 dans le contexte de l'accord signé le 23 mars 2009.

Par voix de conséquence, toute revendication qui outrepasse les bornes tracées par les Chefs d'Etat de la CIRGL en date du 24 novembre dernier, serait une violation des principes édictés par cette plateforme régionale. D'ailleurs, ce communiqué officiel de la CIRGL donne des grains à moudre dans la machine gouvernementale. C'est-à-dire, une des grandes raisons pour le Chef de l'Etat congolais, Joseph Kabila, de refuser le cessez-le-feu tant réclamé par le M23. " Pas question d'accorder un cessez-le-feu à une force négative... Et, s'il faut l'accorder, le M23 n'a qu'à s'adresser à la CIRGL qui a planté le cadre de ces pourparlers ", avait lâché un officiel congolais. Aujourd'hui, maints analystes de cette situation pensent que la partie gouvernementale a une bonne carte à jouer devant cette énième exigence des hommes de Jean-Marie Runiga et de Sultani Makenga. Kinshasa doit, par ailleurs, ouvrir l'oeil et le bon. Car, toute tentative pour la délégation congolaise conduite par le Ministre congolais des Affaires Etrangères, Coopération Internationale et Francophonie, Raymond Tshibanda, de signer ce préalable de cessez-le-feu, mettrait en mal l'intégrité territoriale de la République. Elle consacrerait la partition du pays ou mieux encore, sa balkanisation.

Puisque l'estampille du Gouvernement qu'attend ardemment le M23 finira à la longue de ne plus placer les marionnettes du M23 dans l'oeil du cyclone de la Cour Pénale Internationale. Parce que couverts par le statut des belligérants, ces hommes du M23 poursuivraient impunément le pillage des ressources naturelles dans le sol des territoires sous son emprise, ce qui obstruerait une quelconque offensive des forces loyalistes des FARDC dans les terres sous occupation. Et, in fine, constituerait un réel frein au rétablissement total et efficace de l'autorité de l'Etat sur toute l'étendue du territoire national. Le M23 en perte de vitesse... Des appels à l'arrêt de soutien à ce mouvement rebelle lancés par des décideurs extérieurs commencent, selon certains observateurs, à produire leurs fruits.

Le tout dernier en date c'est l'appel lancé par le président américain Barack Obama au président rwandais Paul Kagame. Appel l'exhortant à arrêter son soutien aux rebelles congolais. Cette voix, qui n'est pas la moindre, de l'occupant du bureau oval de la Maison Blanche aurait bouleversé les donnes dans le calcul funeste prévu par le duo de Paul Kagame et son homologue ougandais, Yoweri Kaguta Museveni. A en croire certaines sources, les deux personnalités se seraient, de sitôt, retrouvées pour, probablement, rectifier les tirs. Et, tout d'un coup, c'est le succédané du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) qui accuse les coups. Puisque la demande avec persistance d'un cessez-le-feu par le M23 sent l'intention de vouloir se protéger après le feuilleton de Kampala. D'où, ce mouvement se retrouve en terrible perte de vitesse.

Les inquiétudes du M23 au lendemain des simples manoeuvres d'avions des Fardc dans le ciel du Nord Kivu ne sont nullement justifiées. Puisqu'il ne s'agissait que des contrôles de routine. Ceci témoigne d'une perte de conviction et des velléités bellicistes dont s'est targué ce mouvement lors de la chute de Goma. Devant le vacillement de cette rébellion, Kinshasa ne peut que peaufiner des stratégies de telle sorte qu'au retour des pourparlers, le 4 janvier prochain, des solutions efficientes et sans conséquence dramatique pour l'avenir du pays soient prises par la délégation congolaise.

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