25 Décembre 2012

Afrique: Noël dans le continent - Messages de paix et appels à la tolérance

Noël est célébré aussi sur le continent africain. Parmi les pays où Noël est une période à hauts risques, le Nigeria. L'an dernier, les islamistes radicaux de Boko Haram ont perpétré une série d'attentats contre des églises chrétiennes le 25 décembre, et tué une quarantaine de personnes. Les forces de sécurité sont donc sur le qui vive. L'imam Ashafa et le pasteur Wuyé aussi. Lauréats, il y a trois ans, du prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits, ces deux leaders religieux prêchaient la paix dans l'Etat de Kaduna ce lundi 24 décembre. Autres messages et témoignages avec nos correspondants au Sénégal et au Mali.

L'imam Ashafa et le pasteur Wuye aux côtés de Federico Mayor et de Kofi Annan lors de la remise des prix de la Fondation Chirac en 2010.

Fondation Chirac

Autrefois chefs de milices adverses, L'imam Ashafa et le pasteur Wuyé sont devenus inséparables depuis qu'ils ont créé, il y a dix-sept ans, un centre de médiation interreligieux à Kaduna, dans le nord du Nigéria. Ce lundi 24 décembre encore, ils étaient ensemble quand RFI les a joints par téléphone. Ils sortaient d'une réunion chez le nouveau gouverneur de l'Etat de Kaduna. « Il y eu un double attentat à Kano il y a deuxjours, et cette prise d'otage d'un Français... tout cela nous inquiète, nous confie l'imam Mohamed Ashafa. Et à Kaduna nous travaillons du coup tous ensemble, avec les forces de sécurité, et le nouveau gouvernement, pour s'assurer que tout soit sous contrôle. Nous prions pour un Noël et un Nouvel An pacifique.»

Les populations locales impliquées

Les deux leaders religieux prient et comptent aussi sur le travail de sensibilisation qu'ils ont mené auprès des populations. « Depuis le dernier attentat dans l'Etat de Kaduna, explique le pasteur James Wuyé, nous avons engagé un dialogue avec les populations des quartiers touchés... Ce que les gens ont fait, à la dernière prière de l'Aïd, c'est qu'ils ont envoyé des jeunes protéger ceux qui priaient. Nous espérons que les jeunes vont à nouveau travailler ensemble pour protéger les chrétiens à Noël dans ces quartiers. Nous appelons tous les Nigérians à rester calmes. L'Aïd s'est bien passé, il faut que Noël se passe bien aussi. »

Ces derniers mois, l'Etat de Kaduna a été le théâtre de plusieurs explosions visant des églises, et les deux leaders religieux comptent aussi beaucoup sur la mobilisation des forces de sécurité.

Au Sénégal, les préparatifs de Noël de Fatou

Au Sénégal, où une grande partie de la population est de confession musulmane, on fête aussi Noël, et en famille. Reportage dans le quartier de Liberté VI, où notre correspondante a suivi une mère de famille dans ses derniers préparatifs du grand repas de Noël. Elle attend près de 180 convives, notamment les enfants du quartier.

Fatou: «Au Sénégal, on est dans un pays laïc»

les gens fêtent ça, étant musulmans ou chrétiens... Au Sénégal on est dans un pays laïc... les musulmans et les chrétiens sont pratiquement pareils parce que c'est une famille

Fatou est de confession musulmane mais elle célèbre toutes les fêtes. C'est pour elle un signe d'ouverture.

Triste Noël au Mali pour l'imam Diallo

Président de l'Association malienne pour la paix et le salut, et porte-parole de la communauté soufie du Mali, l'imam Diallo a lancé un appel pour une intervention internationale rapide pour sauver le Mali. «Une partie du pays est coupée du reste du monde, explique l'imam Diallo au micro de RFI... Les Maliens n'arrivent plus à fêter comme ils le faisaient avant...»

Imam Diallo: «joyeux Noël à tous les chrétiens du monde et particulièrement à ceux du Mali»

Selon l'imam, les extrémistes musulmans qu'il qualifie «d'ennemis du Mali» ne connaissent pas l'islam qu'ils entendent imposer. «Au Nord du Mali, ils ont attaqué encore des mausolées et tout cela est contraire à l'esprit de tolérance que l'islam prône. Par méconnaissance des textes islamiques, les gens s'en prennent aux autres religions. Je profite de votre micro pour lancer un appel à la communauté internationale d'intervenir le plus rapidement possible : attendre jusqu'au mois de septembre donnera du temps aux ennemis du Mali pour entamer d'autres actions. Ces gens-là n'arrêteront jamais tant qu'il n'y aura pas d'intervention armée. C'est difficile pour un religieux de dire de passer à la violence, mais quand la guerre c'est la solution, nous allons la faire, comme l'a dit le président de la République. Et je profiterai aussi de votre micro pour souhaiter un joyeux Noël à tous les chrétiens du monde et particulièrement à ceux du Mali... » conclut l'imam Diallo.

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