Pour la deuxième fois, Andry Rajoelina a reporté sa déclaration sur son éventuelle candidature à la présidentielle. Un signe de difficulté dans la prise de décision, selon l'opposition.
Le président de la Transition, Andry Rajoelina continue à entretenir le suspense. De retour au pays après avoir rencontré avec des autorités françaises et de la Francophonie à Paris, il a reculé sa déclaration de candidature ou d"abstention à la course à la magistrature suprême finalement en janvier.
Auparavant, il avait avancé qu'il se prononcerait avant la fin de l'année. Sa décision est attendue depuis l'inauguration du Coliseum de Madagascar à Antsonjombe, le 11 décembre.
Contrairement à ce qu'il a affirmé, en réponse à la proposition avancée par le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius de se retirer de la prochaine présidentielle, le numéro Un du régime transitoire a voulu rassurer l'opinion en indiquant qu'il n'y a plus de grande réflexion à faire, bien que, selon ses explications, il lui reste à fixer le moment opportun pour faire sa déclaration.
« Nous ne devrions pas semer la confusion autour des propos du ministre français qui a remis en question certains points. Cela n'affecte pas la décision que j'ai déjà prise », a-t-il martelé samedi, en marge du concert évangélique organisé au Coliseum de Madagascar.
Andry Rajoelina a ainsi évoqué la célébration de la fête chrétienne de la Nativité pour appeler à la trêve politique. Une manière de justifier le report de sa déclaration. « À partir du mois de janvier, nous devrons tourner la page et nous verrons la voie dans laquelle la nation devra passer », a-t-il soutenu à la même occasion.
Décision personnelle
Dans le camp des partisans d'Andry Rajoelina, le secrétaire général de la présidence de la Transition, Haja
André Resampa, aperçu aussi à Antsonjombe samedi, a montré sa patience en attendant ce que son patron va proclamer. D'après lui, il s'agira d'une décision personnelle sans aucune influence de son entourage. « En revanche, nous devrons nous soumettre à sa décision », a-t-il affirmé pour exprimer sa fidélité à son chef de file.
Au contraire, Mamy Rakotoarivelo, chef de délégation de la mouvance Ravalomanana, a manifesté son incompréhension devant l'attitude d'Andry Rajoelina qui, d'après lui, n'a pas tenu sa parole. Il a ajouté qu'avec un tel comportement, le président de la Transition risque de se livrer à l'unilatéralisme. « La communauté internationale n'acceptera jamais cela », a-t-il mentionné avec conviction, hier au téléphone.
Le président du Congrès de la Transition a confié que Marc Ravalomanana est « en train de remplir son contrat » en mettant au clair sa position de ne pas se porter candidat aux élections. Et d'indiquer que le retour de l'ancien président de la République avant le 8 mai n'est plus discutable. « Toutefois, Andry Rajoelina ne devrait pas attendre le dernier moment pour se prononcer puisque sa décision pourrait engendrer une nouvelle donne. Qu'il y ait un minimum de respect tant envers le peuple qu'envers les politiciens », a-t-il lancé.
De sources diplomatiques, la non-candidature d'Andry Rajoelina à la prochaine échéance électorale est très attendue par la communauté internationale. Pour celle-ci, elle s'analysera comme une concrétisation de la recommandation « Ni...ni... » de la Communauté de développement d'Afrique australe. Dans cette vision, la proposition du chef de la diplomatie française afin qu'Andry Rajoelina laisse passer la présidentielle de 2013, n'est pas fortuite.
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