Afrique: Lutter pour préserver la plus riche forêt tropicale d'Afrique

Yaounde — Les protestations contre une plantation d'huile de palme controversée dans le Parc national de Korup à Mundemba, dans le sud-ouest du Cameroun, continueront malgré les arrestations et les intimidations des défenseurs locaux de l'environnement.

C'est la forêt tropicale la plus ancienne et la plus riche d'Afrique en termes de diversité florale et faunique.

Nasako Besingi, le directeur de l'ONG locale 'Struggle to Economize the Future' (Lutte pour préserver le futur), a déclaré à IPS: "Nous n'arrêterons pas jusqu'à ce que justice environnementale soit faite".

L'entreprise agricole 'Herakles Farms', basée à New York, a été accusée d'avoir saisi illicitement une portion de cette forêt nationale de l'Afrique centrale, comme elle continue sa plantation de 73.000 hectares de palmier à huile malgré l'absence d'une autorisation du gouvernement - il existe des revendications selon lesquelles le contrat de location de 99 ans avec le gouvernement est illégal - et deux injonctions judiciaires, et malgré l'opposition importance de la communauté.

La terre contestée est une "zone sensible de la biodiversité", un domaine crucial qui relie cinq aires protégées dans le parc, et le projet va perturber la protection et la croissance considérable de la faune, a affirmé, en août, l'Agence allemande pour la coopération internationale (GIZ) dans une évaluation des impacts environnementaux et sociaux.

Un rapport publié en septembre par deux ONG camerounaises, le Centre pour l'environnement et le développement; et le Réseau de lutte contre la faim, a déclaré: "Il ya plus de 20 villages avec leurs terres ancestrales à l'intérieur de la concession, 31 villages situés à une distance de la périphérie, et plus de 25.000 personnes seront affectées par cela. Elles dépendent de ces terres pour de petites productions alimentaires, la chasse, et les produits forestiers non ligneux".

Environ 46 pour cent des 20 millions d'habitants du Cameroun vivent dans des zones rurales, mais selon un profil du pays de l'USAID sur des droits de propriété ici, "environ trois pour cent seulement des terres rurales sont enregistrées, principalement aux noms des propriétaires de grandes exploitations commerciales". Le pays a été classé 131è sur 169 pays sur l'Indice 2010 du développement humain des Nations Unies, en partie à cause de la pauvreté persistante.

Besingi a affirmé que lui et ses collègues ont subi une répression policière, des arrestations et l'intimidation. Sa dernière arrestation datait du 14 novembre, quand la police militaire nationale du pays avait pris d'assaut son bureau.

"On nous a dit que nous étions demandés pour des interrogatoires au poste de police, et nous avons été détenus pendant toute une journée, sans aucune charge. Mais ce n'est que sous la pression internationale et locale que nous avons été libérés (sous caution) à la condition que nous devions comparaître devant les autorités chaque fois que cela serait (nécessaire)", a-t-il dit.

Besingi a expliqué que le projet de plantation de palmiers à huile évoluait malgré l'absence d'un accord formel du gouvernement, parce que l'entreprise 'Sustainable Oils Cameroon' (SGSOC), une filiale de 'Herakles Farms', avait le soutien des gens au pouvoir.

"SGSOC bénéficie du soutien de certaines élites, du chef de village de Fabe (qui se trouve sur le site du projet) et des représentants du gouvernement, y compris la police. Ils ont été achetés avec de l'argent et des choses matérielles. Ces groupes de personnes, y compris le gouvernement, sont en train de tromper le peuple", a-t-il déclaré.

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