Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Les FAC déplorent le manque de volonté à mettre un terme à la guerre

« L'absence d'une vision et le manque de volonté politique à la résolution de la crise sécuritaire dans l'Est de la RDC sont l'un des obstacles à la cohésion nationale ». La déclaration est de la plate-forme de l'Opposition politique (FAC).

Les opposants membres de la plate-forme de l'Opposition dénommée « Forces acquises au changement (FAC) », dont les députés nationaux Martin Fayulu, Fabrice Puela et le professeur Kalele, déplorent l'absence de vision et le manque de volonté politique de la part du pouvoir en place en ce qui concerne particulièrement la résolution de la situation crise dans l'Est du Congo.

Au cours d'une conférence de presse animée, le jeudi 27 décembre à Kinshasa, le coordonnateur des FAC, le député Martin Fayulu, entouré des autres acteurs de l'Opposition, a regretté le fait que les promesses faites par le président de la République sur la crise de l'Est du pays n'ont pas encore produit d'effets sur le terrain.

Retraçant de manière chronologique ces promesses, le coordonnateur des FAC a fait remarquer que six ans après, la sécurité de l'Etat, déclarée comme préoccupation principale par le chef de l'Etat en date du 6 décembre 2006 est encore problématique.

« Force est de constater que l'insécurité en général au pays et à l'Est de la République en particulier fait toujours partie du lot quotidien des malheurs des Congolais, et le terrorisme urbain continue de prospérer avec l'ancrage, dans la société congolaise, du phénomène kuluna », a-t-il fait remarquer. Et d'ajouter : « C'est ici le lieu de condamner avec la dernière énergie l'assassinat sauvage, à la veille de Noël, du général Bikweto. Les FAC demandent que toute la lumière soit faite autour de ce crime crapuleux et que les coupables soient traduits en justice ».

Un acte qui, selon les FAC, suscite un doute sur l'effectivité de la nouvelle priorité, à savoir la défense de la patrie, annoncée par le président de la République devant les deux Chambres du Parlement réunies en Congrès au Palais du peuple le 15 décembre.

« Le 6 décembre 2007, le président de la République affirmait devant le Parlement : ... « Sur les cent quarante-cinq territoires que compte la RDC, seuls les territoires de Rutshuru et Masisi au Nord-Kivu comptent encore en leur sein quelques foyers de tension... Nous devons impérativement et urgemment mettre fin à ces souffrances. Ce sera bientôt chose faite, quoi qu'il en coûte. Aujourd'hui, cinq ans après, ces deux territoires et tant d'autres du Nord-Kivu sont sous occupation du M23 et la ville de Goma, récemment tombée entre leurs mains, est toujours menacée d'être reprise à tout moment », a rappelé Martin Fayulu.

Importance de la cohésion nationale

Le coordonnateur des FAC a constaté dans la suite qu'il n'y a pas eu d'action faisant suite aux assurances données le 13 décembre 2008 le chef de l'Etat aux compatriotes du Kivu et de la Province Orientale, forcés d'abandonner leurs maisons et villages, à cause d'une guerre injuste.

Paraphrasant le président Kabila, dans son adresse du 7 décembre 2009, il a déclaré : « Il y a un temps pour tout ; un temps pour dialoguer et un temps pour appliquer la loi... ».

S'agissant de la leçon morale d'homme d'Etat qui ne saurait se confondre aux politiciens qui ne privilégient que leurs propres calculs, leçon donnée par le président de la République lors de son audition sur l'état de la nation devant l'Assemblée nationale et le Sénat convoqués en Congrès, le coordonnateur des FAC a rappelé le credo de sa plate-forme.

« Les FAC ont plusieurs fois souligné l'importance de ce qui est devenu notre credo depuis un an maintenant, à savoir le rétablissement de la cohésion nationale au travers un dialogue franc et sincère entre toutes les forces politiques et sociales du pays... L'irresponsabilité des membres actuels du bureau de la CENI a failli mettre notre pays à feu et à sang par l'organisation des élections bâclées, truffées d'irrégularités flagrantes et qui, aux dires de tous les observateurs sérieux, nationaux comme étrangers, n'étaient pas crédibles, c'est-à-dire « conformes ni à la vérité, ni à la justice ».

Nous disions alors que notre pays était de nouveau plongé dans une grave crise de légitimité et cela devrait être corrigée par un dialogue inclusif, afin d'y trouver des solutions appropriées », a-t-il soutenu.

Par ailleurs, les FAC estiment que les négociations de Kampala est « un échec ». « Les Congolais ont besoin des solutions durables pour leur pays afin d'entamer sa reconstruction et son développement. C'est pourquoi, les FAC saluent toutes les initiatives menées par tous les amis de la RDC, notamment les 15 ONG internationales qui ont interpellé le président Barack Obama sur la question du Congo ainsi que les personnalités internationales qui ont demandé au Conseil de sécurité de l'ONU d'adopter une résolution permettant à la MONUSCO d'appliquer un mandat conforme aux attentes des Congolais », a conclu le député Martin Fayulu.

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