Zimbabwe: Les jeunes de la rue ont aussi droit à la contraception

Au Zimbabwe, il est difficile pour les jeunes de la rue d'avoir accès à la contraception. Des organismes tentent de les aider.

Chipo Manenga, 16 ans, ne connait pas le nom de sa contraception. Beaucoup de ses amies sont dans le même cas. Elles savent seulement qu'afin de ne pas tomber enceinte, elles doivent acheter les pilules en plaquettes.

"Je prends la pilule, mais comme je ne suis pas instruite, je ne peux pas lire", dit Chipo. Elle vit dans la rue et doit s'occuper de deux enfants. Son premier, Tapiwa, a deux ans ; Tadiwanashe, le second, a lui un an et un mois. "Je sais que la pilule empêche les grossesses non désirées. Je les achète chez Mbare Msika", ajoute la jeune mère, faisant référence à un marché local.

"Se servir de préservatifs, c'est comme l'avortement"

Selon une étude récente conduite par l'ONG Cesvi à Harare et Chitungwiza, il y aurait environ 705 enfants et adolescents vivant dans la rue. Ceux qui sont sexuellement actifs seraient particulièrement vulnérables.

Winidzai Rwaendipi, qui travaille pour Cesvi, insiste sur le respect des droits des enfants de rue. "S'il veulent pratiquer la planification familiale, alors nous respectons leur choix. Nous fournissons également des préservatifs gratuitement pour eux", explique-t-elle.

L'utilisation du préservatif est toutefois abandonnée si les relations deviennent stables. Et certaines personnes refusent simplement de l'utiliser. "Se servir de préservatifs, c'est comme l'avortement, affirme Tawanda, un jeune de la rue. C'est comme la masturbation. Ce serait tuer. Dieu ne veut pas des gens qui tuent."

Réintégrer sa famille

Comment faire, dès lors, pour assurer un meilleur futur aux adolescents de rue sexuellement actifs ? Pour Juliet Mukaronda, de SafAIDS, "les droits liés à la reproduction et à la santé sexuelle ont besoin d'être intégrés dans une approche comprenant les autres besoins des enfants de rue qui assurent leur subsistance et leur sécurité." Son organisation, basée à Harare, met en oeuvre un programme dans ce but qui durera 3 ans.

Chitiga Mbange, coordinateur pour l'ONG Streets Ahead, décrit comment il pense aider les jeunes de la rue à "trouver le chemin du retour chez eux". Le but est d'arriver à résoudre les problèmes qui ont causé leur départ, pour ensuite les réintégrer dans leurs familles.

Il parle également de la stratégie du ministère de la Santé. Grâce au Centre du conseil national de la famille et à la Clinique pour les jeunes de la rue, "les jeunes garçons et les jeunes filles peuvent maintenant s'informer plus ouvertement et sans peur."

Ads by Google

Copyright © 2012 Radio Netherlands Worldwide. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.