2 Janvier 2013

Centrafrique: L'Afrique Centrale mobilisée pour éviter la chute de Bangui

Photo: Henry Mukasa/New Vision
(Photo d'archives) La force multinationale d'Afrique centrale se renforce en Centrafrique avec l'arrivée de militaires camerounais, congolais et autres nationalités de la région

C'est toujours le statu quo sur le plan militaire en Centrafrique. La perspective d'une offensive des rebelles de la Seleka contre Bangui semble s'éloigner. La défense du gouvernement centrafricain s'organise. La force multinationale d'Afrique centrale se renforce dans le pays. Des militaires camerounais sont attendus ce mercredi 2 janvier à Bangui pour appuyer l'armée centrafricaine. La situation reste toutefois tendue à Bangui.

Déterminés à empêcher sa chute, les pays d'Afrique centrale ont commencé à envoyer des renforts militaires pour protéger Bangui, menacée par les rebelles de la Seleka positionnés à Sibut à 180 km au nord du pays. Quelque 120 Camerounais sont attendus ce mercredi 2 janvier. Ils rejoindront les 120 soldats gabonais, arrivés le 1er janvier et un contingent du même nombre du Congo-Brazzaville sur le terrain depuis le 31 décembre.

Ces troupes fraîches s'ajoutent à 400 soldats tchadiens déjà déployés en renfort de l'armée centrafricaine, à Damara, l'ultime verrou sur la route de Bangui. Les effectifs de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) devraient atteindre 760 hommes à la fin de la semaine pour faire face aux ambitions des rebelles de la Seleka qui envisagent toujours de marcher sur Bangui.

Leur mission sera d'éviter de nouveaux affrontements entre l'armée et les rebelles. Ruffin Pacôme Odzonga, ministre gabonais de la Défense, l'a rappelé, avant le départ du contingent gabonais en Centrafrique.

Ruffin Pacôme Odzonga, Ministre gabonais de la Défens:"Les soldats gabonais ont une mission d'interposition. Il ne s'agit pas de faire la guerre à la rébellion (...) Nous y allons fondamentalement pour amener les deux parties autour d'une table pour trouver des voies négociées et non violentes".

Depuis ce week-end, un couvre-feu est imposé à Bangui. Un couvre-feu pendant lequel des jeunes qui se décrivent comme « jeunes patriotes » se mobilisent pour établir des barrages pour protéger leur quartier.

Mobilisation des « jeunes patriotes »

Ils se présentent comme de « fervents patriotes », venus de différents quartiers du 4e arrondissement de Bangui, et ils disent s'être mobilisés pour établir des barrages au moment du couvre-feu. Ils entendent filtrer la circulation, et disent vouloir empêcher « d'éventuelles infiltrations rebelles ».

Témoignage de l'un d'entre eux : « Nous avons répondu à l'appel de chef de l'Etat. Il fallait défendre notre patrie. Comme nos forces armées sont sur le terrain, il est de notre responsabilité de sécuriser nos quartiers respectifs »

Au coeur de l'activité de ces jeunes patriotes dans les quartiers, les barrages de contrôle des véhicules. Objectif : envoyer vers la police et la gendarmerie toute personne suspecte. En suivant deux critères principaux. La possession ou non de papiers centrafricains et la maîtrise ou non de la langue nationale, le sango.

« A partir de 19h, en raison du couvre-feu, dit un autre, on fouille tous les véhicules qui passent. On demande les papiers, carte d'identité nationale, passeport ... Si le conducteur ne parle pas sango, on le lui demande en français. S'il ne parle pas français, il est suspect. On l'emmène alors au commissariat de police ou à la gendarmerie ».

De quel équipement disposent ces jeunes patriotes ? Ils assurent qu'ils ne sont pas armés : « Notre force, c'est le groupe dit l'un d'eux ». Y a-t-il du racket aux barrages ? Démenti formel : « l'objectif principal, ce n'est pas de chercher de l'argent, ce n'est pas de racketter les gens, assure un responsable, c'est pour redonner confiance à ceux qui ont perdu confiance ». Les musulmans font-ils l'objet de tracasseries particulières ? Même démenti : « Les musulmans font partie de la République centrafricaine, on est dans un pays laïc ».

Le discours de ces jeunes est par ailleurs fortement imprégné de ressentiment vis-à-vis de la France, accusée pêle-mêle d'être responsable de la crise actuelle ou de refuser d'intervenir pour repousser les rebelles.

Malgré le couvre-feu instauré à Bangui, depuis trois jours, la nuit du Nouvel An y a été marquée par des violences. Un jeune musulman a été tué dans un quartier populaire PK 5 de la capitale, alors qu'un policier est mort au cours des affrontements qui ont suivi.

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