1 Janvier 2013

Afrique de l'Ouest: Bousculade du nouvel an - La Côte d'Ivoire en deuil

Photo: Gouvernement de la Côte d'ivoire
Le président Ouattara au chevet des blessés de la bousculade du 31 décembre

Après la bousculade, dans le quartier du Plateau, à Abidjan, qui a fait 61 morts et une cinquantaine de blessés, le président Alassane Ouattara a annoncé qu'un deuil national de trois jours sera décrété à partir de mercredi. Le président ivoirien a également annoncé l'ouverture d'une enquête sur les circonstances du drame. Pour l'instant, deux versions sur les causes de cette tragédie circulent : celle des autorités et celle des témoins.

Ce qui devait être une nuit de fête s'est transformée en drame et en larmes. Parmi les morts figurent surtout des jeunes. Selon les sapeurs-pompiers, il y aurait eu environ cinquante personnes blessées et plusieurs enfants disparus. Une cellule de crise a été mise en place. Plus de 50 000 personnes, selon les autorités, s'étaient rendues, en famille, dans le quartier du Plateau, dans le centre de la capitale économique de Côte d'Ivoire, pour regarder les feux d'artifice de la nuit du Nouvel An.

Le président Alassane Ouattara s'est déplacé à l'hôpital de Cocody, à Abidjan, où il a rendu visite aux blessés, accompagné de la ministre de la Santé et de la première dame.

Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d'Ivoire:

"Ce jour de l'An est, pour nous, un jour de deuil".

Deux versions sur les circonstances du drame

L'accident est survenu près du grand stade Houphouët-Boigny, à la fin des feux d'artifice, vers 2h du matin, lorsque les gens ont commencé à rentrer chez eux.

Les autorités expliquent que la bousculade s'est produite lorsque toutes ces personnes - une foule extrêmement dense et compacte - en rentrant chez elles, se sont retrouvées face à une autre foule qui, elle, allait dans le sens inverse. Le drame s'est produit dans la rue qui longe le stade. Selon un officier de police, cette rue n'était pas éclairée, alors qu'il s'agit d'un passage obligé pour les milliers de personnes qui quittaient le quartier.

Robert Beugré Mandé est le gouverneur du district d'Abidjan. Il ne se prononce pas sur les causes du drame mais assure que ce terrible accident n'a rien à voir avec l'organisation des festivités.

Robert Beugré Mandé, Gouverneur du district d'Abidjan :

" Le dispositif sécuritaire a permis l'évacuation du public...Le drame s'est produit à un endroit qui n'a rien à voir avec le lieu du spectacle pyrotechnique".

Cependant, d'autres témoins, sur place, disent plutôt qu'un groupe de jeunes aurait agressé des passants, ce qui aurait provoqué un mouvement de panique. Par ailleurs, et ce qui est sûr, c'est que les policiers avaient placé, sur la route, des rondins de bois pour canaliser la foule mais cela a plutôt empêché le passage des gens qui voulaient fuir. Certaines personnes ont ainsi été piétinées et d'autres ont été propulsées contre la palissade d'un chantier - celle-ci s'est effondrée sur plusieurs mètres - derrière laquelle se trouvait un énorme trou destiné à accueillir un immeuble dont la construction est prévue pour bientôt. Selon des témoins, plusieurs personnes auraient ainsi péri en tombant dans ce trou.

RFI a recueilli, cet après-midi, le témoignage d'une des victimes, celui de Zenabo Zampalegre qui se trouvait sur place avec son fils, blessé lui aussi.

Témoignage d'une victime de la bousculade:

On nous a poussés ; nous sommes tombés ; ils ont marché sur les enfants...

Dans le mouvement de panique, les familles ont été séparées. Des mères et des pères de famille cherchent toujours leurs enfants disparus le soir du drame.

Le gouvernement a mis en place une cellule de crise, avec un numéro gratuit destiné aux familles pour qu'elles puissent retrouver leurs proches, le 22 47 87 03.

Bousculade mortelle en 2009

Ce n'est pas la première fois qu'une bousculade tragique se produit à Abidjan. En mars 2009, dix-neuf personnes sont mortes et 132 ont été blessées, au stade Houphouët-Boigny, alors qu'elles assistaient à un match de footall (Côte d'Ivoire / Malawi) comptant pour les qualifications du Mondial 2010.

Là aussi, c'est un mouvement de foule mortel qui s'est produit lorsque des gens qui se trouvaient à l'extérieur du stade (plus nombreux dehors que dedans) ont approché, en masse, et essayé d'entrer dans l'enceinte sportive bien que les abords du stade aient été contrôlés par les forces de l'ordre.

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