2 Janvier 2013

Gabon: Les pourparlers de Libreville s'annoncent difficiles

Photo: Henry Mukasa/New Vision
(Photo d'archives) La force multinationale d'Afrique centrale se renforce en Centrafrique avec l'arrivée de militaires camerounais, congolais et autres nationalités de la région

Des représentants de la rébellion de la Seleka et de l'opposition au président François Bozizé se sont dit prêts, ce mercredi 2 janvier, à participer à des pourparlers avec le gouvernement centrafricain, à Libreville au Gabon, pour une résolution pacifique du conflit.

Les discussions pourraient commencer la semaine prochaine, sous l'égide du président congolais, Denis Sassou Nguesso. Les rebelles ont par ailleurs annoncé la suspension de leur offensive en direction de Bangui et campent, pour le moment, à Sibut, à 160 km de la capitale.

Les rebelles centrafricains, confrontés à la force multinationale d'Afrique centrale (FOMAC), basée à Damara, qui s'efforce de les empêcher de marcher sur Bangui, ont annoncé qu'ils stoppaient leur avancée vers la capitale et acceptaient des pourparlers de paix avec le gouvernement centrafricain.

Dans la perspective de ce dialogue qui doit s'ouvrir dans la capitale gabonaise, chaque camp prépare ses propositions. Et pour l'instant, elles sont très divergentes. Du côté de la coalition rebelle de la Seleka, on se dit favorable aux négociations mais on veut discuter du départ du président François Bozizé.

Joint par RFI, Eric Massi, porte-parole de la Seleka, fait part de la détermination de la rébellion.

Eric Massi

Porte-parole de la Seleka

Nous proposons, aujourd'hui, de négocier le départ de François Bozizé.

Du côté de la présidence centrafricaine, il n'est pas question de négocier un quelconque départ du chef de l'Etat. François Bozizé s'est dit prêt, dimanche 30 décembre, à partager le pouvoir avec les rebelles et le principe de pourparlers de paix sans conditions.

Joint par RFI, Cyriaque Gonda, porte-parole de la majorité présidentielle, considère que le président Bozizé a déjà donné un gage en déclarant notamment qu'il ne se présentera pas aux prochaines élections.

Cyriaque Gonda

Porte-parole de la majorité présidentielle

Pour nous, il est hors de question de parler du départ du président François Bozizé.

Du côté de l'opposition civile, celle-ci vient d'organiser une coordination de neuf partis et refuse, pour l'instant, de dévoiler sa position sur cette épineuse question qui porte sur le départ du président centrafricain.

Joint par RFI, Maître Nicolas Tiangaye, président de la Convention républicaine pour le progrès social et également coordinateur des neuf partis, affirme néanmoins qu'il n'y a pas de sujets tabous. « Concernant cette question d'ordre institutionnel, nous avons déjà une position arrêtée », a-t-il déclaré avant d'ajouter : « Nous pensons que lors des négociations de Libreville, il n'y aura pas de sujets tabous et à ce moment-là, nous aurons à rendre publiques nos positions. »

Pressions internationales

L'Union européenne se dit très préoccupée par la nouvelle crise qui secoue la Centrafrique. Catherine Ashton, Haute représentante de l'Union pour les Affaires étrangères, a demandé aux autorités et aux rebelles de résoudre le conflit qui les oppose, par le dialogue et la négociation.

Préoccupation également du côté de l'Afrique du Sud. Le président Jacob Zuma a dépêché sa ministre de la Défense, Nosiviwe Mapisa-Nqakula, durant 24 heures pour qu'elle puisse analyser la situation. Pretoria invite les rebelles à se retirer des villes qu'ils occupent et appelle aussi au dialogue pour une sortie de crise pacifique.

Joint par RFI, Clayson Monyela, porte-parole du ministère des Affaires étrangères sud-africain, rappelle que l'Afrique du Sud, en tant que membre de l'Union africaine, condamnera toute tentative de prendre le pouvoir par la force.

Clayson Monyela

Porte-parole du ministère des Affaires étrangères sud-africain

L'Afrique du Sud, l'Union africaine et les Nations unies soutiendront ce processus.

L'ONU a, pour sa part, appelé ce mercredi, le gouvernement et les rebelles au dialogue et a proposé son aide pour organiser des négociations. Les Nations unies « continuent de suivre la situation avec une grande inquiétude (...) et invitent le gouvernement et les rebelles à se concentrer sur un dialogue susceptible d'éviter la violence et de mener à une solution pacifique », a déclaré le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky.

Ads by Google

Copyright © 2013 Radio France Internationale. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.