Devant la défaillance de l'État ivoirien dans la gestion du drame qui a eu lieu à Abidjan lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, des citoyens, grâce aux médias sociaux, se sont organisés pour venir en aide aux victimes.
1er Janvier 2013, la Côte d'Ivoire s'éveille du rêve féérique des fêtes de fin d'année pour tomber brutalement en plein cauchemar. 60 morts et au moins trois fois plus en terme de blessés à la suite d'une bousculade survenue au Plateau. Le centre des affaires abritait les feux d'artifices offerts par le district aux populations. Celles-ci ont répondu massivement à l'appel du beau sans savoir que la mort les attendait sur le chemin.
Le dispositif de sécurité sur place n'a pas été efficace
Très vite les organes étatiques habilités à réagir après de telles catastrophes montrent leurs lacunes. Le désir de bien faire est présent mais les blessés et leurs familles n'ont nullement besoin de voeux pieux. Les chiffres officiels changent régulièrement à la baisse alors qu'il est évident que dans les conditions relatées par des témoins, les dégâts ne peuvent être aussi minimes.
Mouvement de panique dans une ruelle sombre où gît un trou béant caché par quelques tôles adossées négligemment les unes aux autres. Des pompiers qui ont mis de longues minutes à rejoindre les lieux. Le dispositif de sécurité sur place n'a pas été efficace.
Passée l'indignation et les critiques, les internautes prennent le relais. Mohamed et Mariam Diaby d'abord au four et au moulin sont très vite rejoints par des volontaires décidés à apporter leur part de soulagement aux familles. Entre autres, Cyriac Gbogou, Manassé Déhé, Fernand Dédé, Israel Yoroba, Edith Brou, Modeste Lalié... Parmi eux, certains sont déjà connus dans la blogosphère ivoirienne pour leurs actions avec #civsocial pendant la crise post-électorale. Ils démontrent à nouveau leur engagement pour leurs concitoyens.
L'État c'est aussi nous
Mise en place d'une ligne parallèle pour aider les parents quand les numéros officiels diffusés à la télévision étaient défaillants, création de visuels par les infographistes, mise en ligne du site assistance225 pour centraliser les informations, installation de représentants dans chaque CHU pour avoir des informations pertinentes, collecte spontanée de vivres pour soutenir les familles et les blessés, prise de contact avec des radios de proximité pour diffuser la liste des blessés.
Cette dernière action est d'autant plus salutaire que certains participants aux festivités n'ayant informé personne de leur destination, ne sont pas recherchés par leurs familles. Les cas pendant à ce jour sont ceux des disparus et ceux des 26 blessés venus s'ajouter aux 49 annoncés à la télévision et couverts par la prise en charge présidentielle.
Des familles étant reparties avec leurs blessés à la maison, on a bien peur que le bilan s'alourdisse au niveau des CHU et que la faible réactivité de l'État ne porte préjudice aux victimes. En attendant, comme l'État c'est aussi nous, nous continuons nos actions solidaires...
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