Les rebelles du M23 ont menacé jeudi 3 janvier à Bunagana (Nord-Kivu) d'« aller très loin » s'ils n'obtiennent pas le cessez-le-feu, qu'ils ont réclamé le 19 décembre 2012 à Kampala « avant de poursuivre les négociations » ainsi que des « négociations directes » avec le gouvernement de la RD Congo.
« Nous continuons à demander un cessez-le-feu ainsi que des négociations directes avec le gouvernement de Kinshasa. Si celui-ci ne veut pas, nous emploierons le langage que (le président Joseph) Kabila comprend (...), ce sont les armes. Et cette fois-ci nous irons très loin », a menacé Jean-Marie Runiga lors d'une conférence de presse, rappelant le « dialogue ouvert à Kampala après la chute de Goma ».
Lumbala aux côtés de Runiga à Bunagana
Le député et président du RCD/N (opposition) Roger Lumbala a été vu aux côtés du général Sultani Makenga et du chef politique du M23 Jean-Marie Runiga qui a affirmé que son mouvement va « suivre l'exemple de ce qui se passe » en Centrafrique.
« La rébellion de la République centrafricaine nous a beaucoup inspirés par rapport à ce qui se passe au pays. Nous ne ferons que suivre l'exemple de ce qui se passe en Centrafrique », a-t-il promis, arguant que « les rebelles du Séléka revendiquent aussi l'application d'accords de paix non respectés ».
Joseph Kabila « déterminé à défendre » la patrie
Devant la 67ème Assemblée générale de l'ONU à New York (Etats-Unis), le président Joseph Kabila a affirmé le 25 septembre 2012 la « responsabilité » des Congolais de « défendre la patrie » face à « une force négative (le M23) dirigée par des éléments impénitents du fait de leur grande capacité de nuisance et de soutiens extérieurs » au Nord-Kivu (Est de la RDC).
« Nous sommes conscients que c'est à nous, Congolais, qu'il revient de défendre notre patrie et d'assurer l'ordre public et la sécurité sur l'ensemble du territoire national. Nous sommes déterminés à assumer cette responsabilité et entendons y consacrer toutes nos ressources humaines, matérielles et financières, quitte à sacrifier nos ambitions légitimes pour l'émergence du Congo. Nous demeurons également déterminés à garantir la cohésion nationale et à assurer une égale protection à tous les citoyens congolais », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que, depuis mars dernier, la province du Nord-Kivu est « redevenue tristement célèbre, non pour la beauté incomparable de ses paysages, ni pour l'extraordinaire richesse de sa biodiversité, mais comme démonstration du mal profond que l'égoïsme, l'extrémisme, le communautarisme et le primat de la loi de la force sur la force de la loi peuvent produire dans une société ».
« Au moment où je vous parle, des centaines de milliers d'enfants, de femmes et d'hommes du Nord-Kivu sont privés de paix et font l'objet des traitements inhumains et dégradants de la part d'une force négative dirigée par des éléments impénitents du fait de leur grande capacité de nuisance et de soutiens extérieurs. Des enfants sont privés d'écoles et forcés de porter et d'utiliser les armes à feu pour tuer leurs semblables, voire leurs propres frères et soeurs », a souligné le chef de l'Etat congolais, sur un ton grave.
Jugeant cette situation « inacceptable », méritant d'être « condamnée » et « sanctionnée », Joseph Kabila a dit « attendre » de la communauté des Nations qu'à cet égard, elle « prenne ses responsabilités », et du Conseil de sécurité qu'il « fasse respecter » ses résolutions, « condition de leur efficacité et de leur crédibilité ».

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