L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

3 Janvier 2013

Cote d'Ivoire: Bousculade d'Abidjan - Ado n'est pas aidé

La Côte d'Ivoire est en deuil, pour la raison suivante : la nuit de la Saint-Sylvestre aura été un cauchemar pour plus d'une soixantaine d'Abidjanais qui choisirent de fêter le passage de l'année 2012 à celle de 2013 dans le quartier huppé du Plateau en assistant au festival des feux d'artifice ; il en résulte un bien sombre bilan : plus de 60 morts, des dizaines de blessés au sort incertain et des centaines de personnes traumatisées.

Et à présent fusent les questions : Pourquoi ? Comment ? Qui est responsable ?

On le comprend, l'émotion est trop forte ; pour des citoyens qui s'étaient rendus à un site uniquement dans le but de se réjouir, que la liesse se termine par pareille scène de tragédie confine au cauchemar ; et le réflexe premier est de trouver des coupables, de punir des responsables ; cependant, l'émotion de l'instant ne devrait à aucun prix faire perdre la tête, bien au contraire.

On ne peut qu'admirer la prompte réaction des autorités qui, en plus d'avoir décrété un deuil national de 72 heures, ont promis une enquête qui devrait se faire dans les délais les plus rapides, dont les résultats seraient communiqués, et dont des leçons seraient tirées. A supposer qu'elles tiennent parole, c'est bien là l'essentiel : ces morts, aucun torrent de larmes, aucune plainte, nulle récrimination ne sauraient les ramener à la vie. Mais il est impérieux que le douloureux message serve de paravent à des initiatives futures. C'est là le type d'investigation que l'on se doit de mener sans passion aucune, mais dans le strict souci de découvrir qui a fait quoi, dans le but unique que pareil drame ne se reproduise plus.

Les déraisons des partis pris politiques (tous bords confondus) ne peuvent pas y avoir leur place ; car enfin, il s'agit de personnes - dont de nombreux jeunes qui croquaient la vie à pleines dents - qui sont passées de vie à trépas en l'espace de quelques minutes et qui sont mortes dans des conditions des plus atroces.

Et pour une Côte d'Ivoire qui renaît de ses cendres après les affres qu'elle a connues, il est nécessaire, impérieux que ce devoir de mémoire qu'impose le drame enduré par ces disparus se fasse vite et bien ; ne serait-ce que pour honorer la perte de personnes qui n'ont pas demandé à mourir ; mais aussi pour qu'à l'avenir pareille tragédie humaine ne frappe plus cette nation qui a besoin de renaître.

Une balle bien lourde se trouve dans le camp du gouvernement d'Alassane Ouattara ; et il se trouve dans l'obligation de ne pas la dégager en touche.

Décidement, si ce ne sont pas des attaques de commissariat ou de poste de gendarmerie par-ci par-là, c'est un drame tel celui qui vient de se produire qui endeuille régulièrement le pays de la reine Pokou ; comme quoi ADO n'est pas aidé.

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