La loi de finance 2013 ne présage rien de bon. Le sureffectif des élèves dans une salle de classe pourrait s'intensifier, faute d'investissement.
Malgré la stabilité du budget alloué par l'État au ministère de l'Éducation nationale, cette année, Pascal Rabetahiana, secrétaire général de ce ministère, reste sceptique quant à l'avenir de l'éducation de base dans la Grande île. « La plupart des projets d'investissement, entre autres, la création de nouvelles salles de classe, attendra cette année le financement des bailleurs. Le peu de budget d'investissement alloué par l'État sera ainsi destiné à la réhabilitation de quelques salles de classe. Les missions du ministère central et celles des directions régionales de l'éducation nationale seront également limitées », a souligné le secrétaire général du ministère de l'Éducation nationale, hier.
Les enfants qui ont pu entrer à l'école, cette année, risquent alors de s'entasser dans une salle de classe.
« Un enseignant pourrait s'occuper de 60 élèves, voire plus, dans des communes éloignées si ce budget d'austérité est maintenu jusqu'à la fin de l'année », a précisé Pascal Rabetahiana.
Lueur d'espoir
Un enseignant à l'école primaire publique (EPP) de Fiadanana se plaint face au sureffectif des élèves dans sa classe depuis deux ans. « Le nombre d'élèves par classe a monté en flèche. Chaque enseignant avait pris la charge d'une quarantaine d'élèves par classe, en 2008. Aujourd'hui, avec le non paiement du droit d'inscription par les parents d'élève, un enseignant s'occupe de 55 élèves, en moyenne. Nous étions même contraints de refuser de nouvelles inscriptions, l'année dernière, faute de salle de classe », confie-t-il, sous couvert d'anonymat. À l'entendre, l'enseignant n'arrive plus à surveiller chaque élève.
Un autre enseignant de l'EPP du district d'Andramasina confirme cette remarque. « Nous ne faisions plus que donner des exercices et les corriger. Si cinq ou dix élèves sur les 60 n'arrivent pas à suivre la correction, nous ne pouvons que répéter une seule fois l'explication pour toute la classe. Cette situation aurait causé un taux de redoublement de plus de 30 % dans notre école », a-t-il expliqué.
Face à cette situation, Pascal Rabetahiana annonce une lueur d'espoir. « Cette situation pourrait connaître une petite amélioration après les élections. Nous devrions nous soumettre, encore, à la loi des bailleurs de fonds, dont leur choix de zone d'investissement et la procédure de déblocage de leur financement », conclut-il.
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