Les Congolais, rebelles et gouvernement de Kinshasa, sont repartis vers Kampala pour reprendre les pourparlers de paix qu'ils avaient suspendus en fin décembre dernier. Ces négociations ont été engagées suite à la rébellion déclenchée en avril 2012 par des militaires mutins qui se sont réunis autour du Mouvement du 23 mars (M23), en référence aux accords de paix signés à la même date en 2009. Le M23 a accusé le gouvernement de Kinshasa de non application de ces accords pour justifier la reprise des armes dans le nord du Kivu (Est de la République démocratique du Congo). Mais ce deuxième round de pourparlers s'annonce déjà compliqué et risque même d'être le dernier si l'on se fie aux déclarations du représentant politique du M23, Jean-Marie Runiga, qui dit s'inspirer de la rébellion en cours, depuis décembre, chez ses voisins centrafricains.
En effet, M. Runiga envisagerait de demander la démission en bonne et due forme du président de la RDC, Joseph Kabila, comme cela est le cas chez les rebelles de la coalition du Séléka en Centrafrique dont une aile cherche le départ du président centrafricain, François Bozizé, comme préalable à toute ouverture des pourparlers avec Bangui, au Gabon. «La rébellion de la République centrafricaine nous a beaucoup inspiré par rapport à ce qui se passe au pays», a déclaré à la presse Jean-Marie Runiga, depuis Bunagana, une ville-frontière avec l'Ouganda, située au nord de Goma.
«Nous ne ferons que suivre l'exemple de ce qui se passe en Centrafrique», a-t-il insisté, accompagné du chef militaire du M23, le général Sultani Makenga et du député d'opposition congolais, Roger Lumbala qui, depuis peu, affiche son soutien aux rebelles, a rapporté l'AFP. Les rebelles du Séléka ont repris les armes pour les mêmes motifs que leurs voisins congolais. Les rebelles centrafricains affirment avoir repris les armes pour demander le «respect» des accords signés avec Bangui entre 2007 et 2011. Les rebelles du M23 se montrent, en fait, plus menaçants envers les autorités de Kinshasa et ont ouvertement leur intention de reprendre l'action armée contre Joseph Kabila. «Nous continuons à demander un cessez-le-feu ainsi que des négociations directes avec le gouvernement de Kinshasa. Si celui-ci ne veut pas, nous emploierons le langage que (le président Joseph) Kabila comprend. Et, cette fois-ci, nous irons très loin», a menacé Jean-Marie Runiga. «Le langage que Kabila comprend, ce sont les armes», a-t-il précisé. «Et l'exemple que nous en avons c'est qu'après la chute de Goma, le dialogue a été ouvert à Kampala. Si c'est dans cette voie-là qu'il veut encore s'engager, cette fois-ci nous irons très loin», a-t-il ajouté, repris par l'AFP. A noter que des affrontements continus ont lieu dans le nord du Kivu, malgré le cessez-le-feu et l'annonce de l'ouverture des pourparlers de paix. Kinshasa a accepté ces discussions pour parler des accords de paix de 2009, alors que les rebelles essayent de les faire sortir de leur cadre en abordant la question du partage du pouvoir, ce que Joseph Kabila a, personnellement, réfuté dès le départ.
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