De quoi vont accoucher les négociations de paix que vont engager à Libreville, le 10 janvier prochain, ce qui reste du pouvoir centrafricain et la rébellion de la Séléka? Trois jours avant ces pourparlers considérés comme ceux de tous les espoirs, l'insurrection ne s'est pas embarrassée de conquérir deux nouvelles villes, se rapprochant un peu plus de sa cible, Bangui, la capitale centrafricaine. Cette nouvelle donne militaire qui intervient malgré le cessez-le-feu n'augure pas moins d'un dialogue de sourds dans la capitale gabonaise.
D'ores et déjà, on peut se convaincre que la nouvelle avancée de la rébellion est la preuve qu'elle n'entend pas reculer de son exigence fondamentale, arracher les clés du palais présidentiel des mains du général François Bozizé qui vient de sauver pour l'instant son pouvoir, grâce aux forces de la Cemac. Mais pour combien de temps encore? Cette revendication des rebelles unis par la haine contre Bozizé, risque de peser lourdement sur les négociations si elle ne les plombe par carrément. Si l'on s'en tient au spectacle que donnent jusque-là les pouvoirs africains pris en étau par des forces rebelles, il ne faut pas attendre grand-chose de l'arbre à palabres de Libreville. Du moins, on aura droit à l'habituel marathon d'accords et de désaccords, de rupture de dialogue et de reprise des hostilités, de déclarations du médiateur...
Comme au Mali et bien avant en Somalie, et au Soudan, pour ne citer que ces pays toujours en crise, le bout du tunnel n'est pas pour demain en Centrafrique. Tant que le général Bozizé cherchera à s'accrocher à un pouvoir qui ne tient qu'à quelques kilomètres carrés et que les rebelles de la Séléka ne rencontreront pas de résistance sur leur chemin, les médiateurs de la crise centrafricaine peuvent toujours causer.

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