Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Les dégâts matériels causés par le M23 à Goma évalués à U.S. $150 millions

Le gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku évalue 150 millions USD les dégâts matériels causés par les éléments du M23 durant les onze jours (20 novembre-1er décembre 2012) qu'ils ont occupé la ville de Goma.

« L'évaluation chiffrée, en termes économiques, des dégâts matériels causés par les éléments du M23 est estimée à plus de 15 millions de dollars américains. Ce qui fait reculer la province du Nord-Kivu de 5 autres années avant de rattraper ce retard inutilement provoqué pour des hommes qui se disent pourtant défenseurs des valeurs sacrées des droits humains, de bonne gouvernance, et de promotion de l'obligation des biens publics », a-t-il déclaré vendredi 4 janvier à Goma dans son message de Nouvel An.

« Durant les onze jours d'occupation de la ville et de ses environs par cette rébellion, le fonctionnement de l'Administration publique s'est arrêté, les activités économiques ont été paralysées, des pillages innommables ont été enregistrés, des cas de viols et violences sexuelles, des cas d'assassinats et de blessures par armes à feu ont été déplorés et divers actes de vandalisme ont été commis par ces rebelles, semant ainsi la désolation et la terreur au sein de la population », a-t-il rappelé.

Relevé des dégâts

Selon le gouverneur Julien Paluku, les dégâts constatés dans différents secteurs de Goma et de ses environs sont d'ordre humain et matériel.

S'agissant des « dégâts humains », il a indiqué que « les rapports des chefs de quartiers de la ville de Goma et de la Société civile de Sake renseignent qu'il y a eu, pendant l'occupation de Goma et de Sake par le M23, 27 pertes humaines civiles dont 17 hommes, 7 femmes et 3 enfants ; 60 blessés civils dont 26 hommes, 22 femmes et 12 enfants ; 1 fille de 13 ans et 1 femme adulte violées ; 1 femme tabassée et plusieurs actes d'intimidation ».

Durant cette « occupation de Goma », les statistiques recueillies auprès du personnel soignant renseignent que 580 personnes blessées ont été reçues dans les structures sanitaires des zones de santé de Goma, Karisimbi et Kirotshe.

« Par ailleurs, la situation humanitaire est très déplorable avec plus d'un million des déplacés internes et environs 100.000 Congolais contraints à traverser les frontières », a stigmatisé le gouverneur de province.

En ce qui concerne les « énormes dégâts matériels » tels qu'inventoriés, Julien Paluku a affirmé que plusieurs infrastructures publiques ont été soit détruites, soit sabotées.

« Un pillage systématique du charroi automobile et des engins, des casses des mobiliers, meubles et immeubles a été perpétré dans les locaux abritant les Institutions politiques provinciales, les résidences officielles des autorités provinciales, les bureaux des Divisions provinciales de l'Administration publique, les Directions provinciales des entreprises étatiques, paraétatiques et privées, l'Hôtel de ville », a-t-il constaté.

Il a souligné que, « dans le zones anciennement occupées depuis le début de l'agression en mars-avril 2012, les infrastructures sanitaires et scolaires, les installations d'adduction d'eau, les centrales hydroélectriques, les matériels de réhabilitation des routes affectés à l'Office des routes et à l'Office des voiries et drainages ainsi que beaucoup des biens des particuliers ont été détruits, pillés, vandalisés et/ou saccagés ».

Autorité morale du Burec

Le gouverneur Julien Paluku a annoncé le 4 janvier à Goma la création de son parti politique, le Bloc uni pour la renaissance et l'émergence du Congo (Burec), dont il est « initiateur et autorité morale ».

« C'est un parti de gauche, qui a une vision prospective de la gestion de l'Etat avec comme cheval de bataille, le combat contre l'immédiateté, le combat contre la recherche du gain facile, le combat contre les privilèges sans communes mesure dans un environnement de respect des libertés, des principes de bonne gouvernance et de promotion des valeurs sacrées de la démocratie participative », a-t-il expliqué.

« J'ai commencé à m'intéresser à la vie politique depuis le mardi 24 avril 1990 à l'occasion du discours du Maréchal Président sur l'ouverture de la RDC, alors Zaïre, au multipartisme politique et syndical. En 1996, j'entre dans l'AFDL. En 1998, le RCD me trouve à Goma et m'emballe dans sa philosophie et je deviens Administrateur de territoire assistant à Lubero. En 1999, le RCD-KML me trouve en fonction à Lubero lorsqu'il se décide de rompre avec le RCD/Goma. En 2007, je suis élu gouverneur sur la liste des indépendants et non d'un parti politique », a dévoilé Julien Paluku, parlant de son parcours politique.

Convaincu que, « tous unis, nous serons forts et les armes laisseront place aux outils du développement », il a promis « la création, dès ce mois de janvier 2013, d'un cadre de concertation entre les forces vives et politiques de la R.D. Congo » et le renforcement des « dialogues sociaux élargis à d'autres entités de la province ».

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