Magharebia (Washington DC)

Maroc: Un parlementaire arrêté pour corruption

Rabat — Certains Marocains se félicitent des mesures prises par les autorités pour lutter contre la corruption, tandis que d'autres voient la récente arrestation d'un parlementaire comme une preuve supplémentaire d'un problème endémique dans le pays.

Un parlementaire marocain de la Chambre des conseillers a été pris en flagrant délit et arrêté sur des accusations de corruption la semaine dernière à Kénitra.

Mohamed El Hassiani, député de l'Union constitutionnelle, est également le président de la commune de Sidi Yahya El Gharb. Il a été arrêté dans un café le mercredi 2 janvier, alors qu'il s'apprêtait à recevoir un pot-de-vin de 200 000 dirhams (18 000 euros) de la part d'un entrepreneur.

Cet argent était destiné à accélérer la procédure de paiement d'un contrat d'éclairage public.

Le ministre de la Justice Mustapha Ramid a confirmé cette arrestation dans un communiqué transmis à l'AFP, expliquant que la police avait enquêté avec le procureur. Il a ajouté que dans les affaires sensibles concernant des responsables politiques, il existait une coordination étroite entre les différents ministères avant de procéder à une arrestation.

Les parlementaires ont expliqué attendre le résultat de l'enquête avant de pouvoir émettre une opinion objective. Larbi Habchi, député de la Fédération démocratique du travail, a rappelé que toute personne accusée est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été établie.

Il a souligné que la procédure judiciaire devait être suivie, indiquant par ailleurs que toutes les formes de corruption devaient faire l'objet d'une enquête, quelle que soit leur origine.

Selon lui, les partis politiques portent une lourde responsabilité dans le choix de leurs candidats aux élections et à des postes de décision. Les candidats doivent être actifs et honnêtes afin de pouvoir jouer leur rôle dans la gestion de la société et au service des intérêts de la nation, a-t-il déclaré.

L'arrestation de ce député montre l'étendue de la corruption au Maroc, selon Mohamed Moujahid, ancien secrétaire général du Parti socialiste unifié. Pour lui, la corruption a atteint les rouages de l'Etat, les instances élues et les responsables qui ont des pouvoirs décisionnels sur le plan central ou local.

Moujahid a expliqué que cette arrestation devait être vue comme un acte isolé et que pour lutter contre la corruption, il était nécessaire d'élaborer un plan global plaçant tous les citoyens sur un pied d'égalité, sans protéger certaines personnes. L'indépendance de la justice est un autre élément essentiel pour éradiquer ce fléau, a-t-il ajouté.

Selon le politologue Hamzi Chadi, l'arrestation de ce député porte un coup à l'image du parlement et des milieux politiques aux yeux de l'opinion publique. Il rappelle que la nouvelle constitution a supprimé l'immunité parlementaire, sauf en matière de liberté d'expression.

Les réactions à l'arrestation de ce député ont été diverses au sein de l'opinion publique. Samira Hanzaz, secrétaire, fait partie de ceux qui saluent cette mesure, y voyant un avertissement adressé à l'ensemble des responsables, quel que soit leur rang. "C'est une initiative dissuasive", a-t-elle déclaré.

Pour l'étudiant Mourad Cherkaoui, bien que cette arrestation soit louable car tous ceux qui sont corrompus méritent de lourdes sanctions, il est cependant nécessaire d'ouvrir tous les dossiers et de généraliser la redevabilité dans tous les secteurs.

Le Premier ministre Abdelilah Benkirane a déjà répété à maintes reprises que le gouvernement est déterminé à lutter contre la corruption, mais que cela ne signifie pas aller fouiller dans les anciens dossiers ou s'immiscer dans les affaires des citoyens.

Toutefois, "ceux qui seront dénoncés et arrêtés devront rendre des comptes à la justice", a-t-il ajouté.

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