Fasozine (Ouagadougou)

8 Janvier 2013

Burkina Faso: 2013, année de la dépénalisation des délits de presse?

La grande famille de la presse nationale a présenté dans la soirée de ce lundi 7 janvier 2013, en même temps que le personnel du Conseil supérieur de la communication (CSC), ses voeux à la présidente dudit conseil, Béatrice Damiba. Au cours de cette cérémonie, tenue au siège de l'institution à Ouagadougou, les hommes de médias et la première responsable de l'instance de régulation ont évalué l'année écoulée et envisagé les perspectives pour 2013.

«Nous formons le voeu de voir enfin se concrétiser courant 2013, la dépénalisation des délits de presse.» C'est ce qu'a souhaité, au nom des médias burkinabè, Paul Ismaël Ouédraogo, vice-président de l'Association des ainés retraités de la communication et de l'information (Arci). Un voeu par ailleurs couplé à d'autres préoccupations. Ces dernières se déclinent, entre autres, en mesures d'accompagnement pour l'application de la Convention collective, à un allègement fiscal des droits et taxes sur les équipements et consommables des médias, au renforcement de la formation des journalistes et au relèvement de la subvention de l'Etat.

Pour prouver l'engagement de la presse auprès du CSC, M. Ouédraogo a relevé que c'est dans cette perspective que la profession s'est dotée à l'interne de l'Observatoire burkinabè des médias (OBM) déjà opérationnel. «Nous ne doutons pas un seul instant que votre action rencontrera l'appui bienveillant des ministres Alain Edouard Traoré (ministre de la Communication, Ndlr) et Baba Hama (ministre de la Culture et du Tourisme, ancien journaliste, Ndlr)» a-t-il laissé entendre.

La présidente du CSC, Béatrice Damiba, a pour sa part félicité l'ensemble des médias pour le travail professionnel accompli durant l'année 2012, notamment la bonne couverture des élections couplées -législatives et municipales- du 2 décembre 2012. «Certes, l'on a enregistré quelques dérapages et récriminations mais qui n'altèrent en rien l'image d'une presse nationale qui prend de plus en plus la pleine mesure de son rôle dans la vie de la nation» a-t-elle indiqué. La tache noire, souligne t-elle cependant, reste d'une part la condamnation à une peine de prison ferme du directeur de publication du journal «L'Ouragan» pour «faits de diffamation et d'outrage» et d'autre part, la suspension d'une semaine du journal «Le Quotidien» par l'instance «pour fautes éthiques et déontologiques à répétition».

Au titre des perspectives, Béatrice Damiba a déclaré que ses priorités pour 2013 sont de deux ordres: l'aboutissement des textes législatifs sur l'audiovisuel, la presse écrite et la publicité et la dépénalisation des délits de presse. Sur ce dernier point, elle a invité les médias à agir de sorte à ne pas fournir des arguments aux détracteurs de ce texte si cher aux journalistes. De son avis, la dépénalisation des délits de presse renforcera la liberté de presse et la sérénité au sein des acteurs de la scène médiatique quant à l'animation de la vie publique. Comme innovations, le CSC prévoit la création d'un prix presse en ligne aux Galian, la création d'une agrafe presse en ligne pour les décorations spécifiques dans l'Ordre des arts, lettres, et communication, le lancement -après quatre ans de silence- d'un appel à candidature pour le secteur audiovisuel privé...

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