L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Mali: Tirs de sommation à Douentza - preuve de vie d'une armée à l'agonie

Photo: Brahima Ouedraogo/IRIN
Forces islamistes dans le Nord du Mali

Ça bouge aujourd'hui au Mali, malheureusement pas dans le bon sens. Avec le soutien de la Communauté internationale, on était en attente d'un déploiement de 300 soldats de la CEDEAO dans le nord malien. Voilà que des groupuscules salafistes ont pris position au Sud, dans la région de Mopti, une zone où est déployée l'armée malienne. En effet, les jihadistes qui sont dans le Nord-Mali sont parvenus tout près de la ville de Douentza, la ligne de démarcation. Cela a provoqué des mouvements de troupes et des tirs de sommation ont même été entendus.

L'armée du Mali qui, jusque-là était dans la léthargie, commence donc à donner des signes de vie, et c'est tant mieux. Bien entendu, officiellement il n'y a pas eu de déclaration de guerre. Rien qu'«une pression supplémentaire sur une armée qui a besoin de temps et de moyens pour se réorganiser». Malgré tout, on se demande bien quelles sont, de part et d'autre, les capacités réelles de marcher sur l'adversaire.

L'armée régulière, en déliquescence, est-elle véritablement pourvue en hommes et en moyens pour faire face à une éventuelle attaque de la coalition formée par Aqmi, Ansar Dine et le Mujao, dont le plan de harcèlement se dessine visiblement sur le terrain ? La réponse du côté de l'armée loyaliste semble pour le moins claire. Des dispositions seraient prises. La hiérarchie devait se réunir hier mardi. Mieux, ordre aurait été donné aux troupes sur le terrain de défendre la patrie à tout prix. Des moyens militaires existeraient dans ce sens à ce qu'on susurre.

Pour le moment, le moins que l'on puisse dire est qu'on assiste à une drôle de guerre. Si les alliés osaient franchir le Rubicon, ce serait une provocation et une nique faite à la Communauté internationale, mais également un pied de nez au médiateur dans la crise et aux pays engagés dans une future force internationale pour tenter de chasser les islamistes armés qui occupent le nord du pays de Modibo Keïta. Cela est d'autant plus vrai que, demain jeudi, les rebelles seront encore une fois avec le locataire de Kosyam autour de la table de négociations.

Que viennent-ils alors y faire ? A force d'être ambivalents, ils perdront en fin de compte leur crédibilité, puisque, non seulement ils renâclent à couper le cordon ombilical qui les lient à Aqmi, en ne renonçant pas à la charia, mais aussi rêvent d'étendre leur hégémonie à tout le Mali. Dans ces conditions, le président Blaise Compaoré, médiateur sur les sables mouvants du désert, ni plus ni moins, ne fait alors que perdre son temps. Assurément, il est difficile de négocier avec un interlocuteur qui joue double jeu, notamment Ansar Dine, dont le chef, Iyad Ag Ghali, a récemment déclaré mettre fin au cessez-le feu, au motif que Bamako ne jure que par la guerre.

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