9 Janvier 2013

Centrafrique: Crise centrafricaine - conseil de guerre à Libreville

Selon la sagesse africaine du qui veut la paix prépare la guerre, les chefs d'Etat d'Afrique centrale négocient avec les rebelles, un doigt sur la gâchette.

Les chefs d'Etat et de gouvernement des pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (Ceeac), se réunissent ce mercredi 09 janvier 2013 à Libreville, la capitale gabonaise, dans le cadre de la conférence extraordinaire décidée au terme du sommet de même type, du 21 décembre 2012 à N'Djaména. A l'occasion, C'est le président en exercice de la Ceeac, Idriss Deby, qui a demandé et obtenu de l'assistance, une intervention armée, sous la forme d'une force d'interposition entre la rébellion armée de la Seleka et l'armée régulière de la République centrafricaine. Il s'agissait, avait souligné le président Idriss Deby, d'activer le Pacte d'assistance mutuelle (Pacm) entre les pays membres de la Ceeac.

Et c'est une fois de plus l'article 3 du Pacm qui sera au centre des échanges ce 09 janvier 2013 à Libreville. Le texte indique que «les Etats membres de la Ceeac s'engagent à se prêter mutuellement aide et assistance pour leur défense contre toute menace d'agression ou toute agression armée». Ce, pour être autant que possible dissuasif vis-à-vis des rebelles qui ne cessent de mettre la pression sur Bangui. Eux à qui, le président de la Ceeac a enjoint plus d'une fois, de ne franchir la ligne de front en direction de la capitale de la Rca. Mais qui, depuis la fin de la semaine dernière, ont conquis d'autres villes et localités à travers le pays, non sans menacer d'investir Bangui.

Face à ces prétentions des troupes de la Seleka, le président en exercice de la Ceeac, qui ne cache pas sa proximité particulière avec le président Bozizé, a appelé à un carton plein pour le sommet de Libreville où il attend ses homologues d'Angola, du Burundi, du Cameroun, de Centrafrique, du Congo, de Rd Congo, du Gabon, de Guinée Equatoriale et de Sao Tomé et Principe. Un challenger déjà manqué puisque Paul Biya du Cameroun, qui est allé en séjour privé hier matin en Europe, ne sera pas là. Il s'agit pour autant, de prôner solennellement en plénière l'apaisement, la négociation et la réconciliation nationale.

Sécurité et stabilité

Une disposition d'esprit qui n'exclut pas d'envisager un dispositif de défense au cas où. Et Idriss Deby l'a martelé à suffisance au cours des derniers jours. Lui qui, sur ce chantier de la belligérance s'est fait secondé par le chef d'Etat major de la Fomac, le général de brigade Saviemba Rainmundo.

Déjà, au cours de la journée d'hier, 08 janvier 2013, les ministres des Relations extérieures des dix pays membres de la Ceeac ont tenu leur conseil sur les préparatifs de la conférence des chefs d'Etat. A côté du fait que la crise que connaît en ce moment la République Centrafricaine peut avoir des conséquences négatives sur la sécurité et la stabilité de la sous-région, ils ont par ailleurs exprimé la nécessité de circonscrire le plus efficacement ladite crise, selon une résolution du récent sommet extraordinaire de N'Djamena.

C'est dans cette optique que le président centrafricain François Bozizé Yangouvonda est allé à la rencontre du Congolais Sassou Nguesso lundi dernier en route pour le Gabon. Lui qui n'a pas manqué de faire appel aux renforts sud-africains ces derniers jours et qui réitère qu'il hors de question d'évoquer son départ du pouvoir au cours de ces négociations de Libreville.

Si officiellement, les chefs d'Etat excluent toute option militaire comme solution de règlement à la crise centrafricaine, ils se donnent pour perspective immédiate, la cessation immédiate des hostilités, des violations des droits de l'homme et le retour des rebelles à leur position de départ. Une tâche dont ministres, experts et chefs d'Etat de la sous-région reconnaissent la complexité et le caractère ardu de la tâche sur le chemin de la paix en République centrafricaine. D'où ce conseil de guerre, le second après celui qui a déjà réuni le 21 décembre 2012, de nombreuses têtes couronnées, toutes relativement en rapport avec les armées de la sous-région.

Il en est du président du Tchad, d'Idriss Déby Itno ; de celui du Congo, Denis Sassou N'Guesso ; François Bozizé de la République Centrafricaine; d'Ali Bongo Ondimba du Gabon ; du vice président du Burundi, Son Sinungiruza Thirenle; du Premier ministre de Sao Tomé et Principe, Gabriel Costa ; du ministre des Affaires étrangères de Guinée équatoriale Agapito Mba Mokuy ; du ministre camerounais de la Défense, Edgar Alain Mebe Ngo'o et du secrétaire général de la Ceeac Nassour Guelenddougssia Ouaidou. Une véritable course contre la montre.

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