9 Janvier 2013

Cameroun: Paul Biya maintient son contrôle sur Elecam

Le chef de l'Etat a renouvelé hier le mandat de 12 membres du Conseil électoral critiqués par l'opposition et la société civile.

C'était le décret le moins attendu de la journée d'hier, mais c'est pourtant celui qui a été lu sur les antennes du poste national de la Cameroon radio télévision (Crtv) au journal de 17 heures. Suite à la pression de l'opposition et de la société civile, Paul Biya a procédé hier au renouvellement pour une durée de quatre ans du mandat de 12 membres du Conseil électoral d'Eletions Cameroon (Elecam). Notamment ceux nommés le 30 décembre 2008. Il s'agit de: Dorothy Njeuma; Cécile Bomba Nkolo; Elie Mbonda; Sadou Daoudou epse Lady Bawa; Abdoulaye Babale; Dieudonné Massi Gams; Thomas Ejake Mbonda; Pierre Roger Efandene Bekono; Adamou Ali et Jules Mana Nschwangele.

Le décret, lu indique qu'il a été signé le 30 décembre 2012. Soit, plus d'une semaine avant sa lecture officielle. Que s'est-il donc passé pour qu'il ne soit pas publié dans les plus brefs délais? Les services de la présidence de la République ont-ils tenté de retardé sa publication ? Difficile de répondre à ces interrogations. Mais pour un cadre en service au ministère de l'Administration territoriale, «rien ne prouve que le texte n'a pas été antidaté. C'est tout simplement du banditisme politique». «Banditisme politique», est-ce cela? «Faux», rétorque sous anonymat un responsable du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) au sortir d'une réunion. Pour lui, «le chef de l'Etat a la discrétion de signer un décret et le faire publier quand il veut ». Au-delà de tout débat sur les délais de publication du décret, il reste vrai que ce décret résorbe au moins un problème : celui de l'illégalité d'Elecam.

Cependant, Paul Biya semble n'avoir pas voulu entendre les sirènes de l'opposition sur le manque d'indépendance des membres de cette structure. Un débat qui avait déjà été posé en 2008 lors de la nomination des membres du Conseil électoral d'Elecam. A cette époque, l'opposition politique et la société civile s'étaient insurgées contre le fait que la majorité des personnes nommées par le Chef de l'Etat étaient des responsables du Rassemblement Rdpc ou proches du parti au pouvoir. Malgré toutes les revendications sur l'impartialité de cette institution, les responsables du Rdpc mis en cause avaient simplement démissionnés de leur parti et poursuivis leurs fonctions au sein d'Elecam.

Quatre années plus tard, Paul Biya n'a rien changé sur la donne à Elecam. Les douze membres ont été reconduits, sans modification. Une situation que le politologue Mathias Eric Owona Nguini déplore. D'après le chercheur en sciences politiques à la fondation Paul Ango Ela, « Paul Biya est dans une perspective de continuité. Il n'y a aucune logique d'impartialité, ni une volonté de recherche du consensus ». D'après lui, « le régime est favorable à la continuité du conservatisme. Tout dépendra maintenant du rapport de force. Car le code électoral promulgué permet au Rdpc de maintenir son contrôle à l'Assemblée nationale ».

Par ailleurs, Paul Biya a complété le Conseil électoral d'Elecam par la nomination d'un dernier membre pour compléter cette structure démembré en 2011 par le départ de Pauline Biya Biyong. Il s'agit d'Amadou Mbonja.

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