Afrique Centrale: Rebelles et gouvernement entament des pourparlers à Libreville

La crise centrafricaine se place donc au coeur des discussions à Libreville au Gabon. Sur place, les délégations centrafricaines sont au complet avec les représentants des autorités, des rebelles, de l'opposition politique mais aussi les ministres des Affaires étrangères d'Afrique centrale et les observateurs. Les discussions portent spécialement ce mercredi 8 janvier 2013 sur le suivi des accords de paix de 2008.

Les rebelles sont arrivés ce mercredi 9 janvier au matin avec deux bonnes heures de retard à la Cité de la démocratie à Libreville. Sur place, les délégations centrafricaines de l'opposition démocratique du gouvernement, les ministres des Affaires étrangères de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) et les divers participants de la communauté internationale, les attendaient pour prendre part à ces négociations. La délégation de la Seleka a bien rejoint le reste des participants dans la grande salle de conférence et les travaux ont pu commencer à huis clos un peu avant midi.

On a pu apercevoir Michel Am Nondroko Djotodia, le visage fermé. Pour l'occasion, le chef de la Seleka avait troqué sa tenue militaire contre un costume bleu et il était accompagné de toute sa délégation, notamment du général Mohamed-Moussa Dhaffane qui représente une autre importante faction de la Seleka. C'est la première fois que tous les participants sont ainsi face à face dans une même salle. « La présence de tous est un signal positif », a d'ailleurs dit le ministre congolais des Affaires étrangères, Basile Ikouébé qui présidait cette rencontre.

Dans l'après-midi, toutes les parties auront l'occasion de s'exprimer. Chaque délégation centrafricaine devrait faire part de leurs préoccupations, de leur lecture de la crise devant les ministres des Affaires étrangères de la CEEAC et les observateurs internationaux. Ils devraient aussi se pencher sur l'accord de paix global de 2008, revoir ses dispositions, voir ce qui a marché et ce qui n'a pas marché, nous a-t-on expliqué.

François Bozizé ne négocie pas son départ

Pour sa part, le président centrafricain François Bozizé l'a affirmé très clairement sur l'antenne de RFI le mardi 8 janvier, il n'est pas question de négocier son départ. Pourtant c'est ce que continuent de réclamer les rebelles. Des déclarations qui ont suscité beaucoup de réactions à Libreville.

Du côté de l'opposition démocratique centrafricaine, on regrettait les propos du président Bozizé, « des propos de nature à crisper les négociations », selon l'un des leaders de l'opposition. Plusieurs membres de cette délégation ont jugé que la sortie du président était « inopportune vu le contexte des négociations ». Certains craignaient même que la Seleka claque la porte des négociations. C'était avant de les voir arriver avec deux heures de retard.

Du côté du gouvernement, on applaudit bien sûr les propos du président. Des membres de la délégation gouvernementale accusaient encore ce matin, dans la lignée des propos du chef de l'Etat Bozizé, la Seleka d'être à la solde d'étrangers. « Ces leaders centrafricains présents sont l'arbre qui cache la forêt », ont affirmé certains membres de la délégation gouvernementale.

Pas d'échos en revanche du côté des rebelles qui sont arrivés un peu plus tard. Aucune explication n'a d'ailleurs été donnée à ce retard de deux heures. Tout juste, a-t-on appris, qu'ils avaient exigé qu'un officiel de la CEEAC les escorte. Et on a vu le général Guy-Pierre Garcia, le secrétaire général adjoint de cette institution, les conduire par la main le long de l'escalier qui menait à la salle de conférence.

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