L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Afrique Australe: Sortie de crise - La SADC réexamine le dossier malgache

La Troïka, organe de coopération de la SADC, fera le point sur le processus de sortie de crise. L'on ne sait si elle arrivera à prendre des décisions pratiques pour débloquer une situation déjà critique.

La Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) rouvre le dossier malgache. La Troïka, son organe de coopération du bloc économique régional, au pied du mur, planchera sur le processus de sortie de crise.

« Le Comité ministériel de l'Organe (CMO) de la Troïka, avec le Mozambique, va se réunir à Dar-Es-Salam, en Tanzanie le 9 janvier (...) Réunion qui sera suivie du Sommet de l'Organe de la Troïka avec le Mozambique les 10 et 11 janvier », a fait savoir un communiqué publié par le Bureau de liaison de la SADC. « L'objet de la réunion est de discuter de l'évolution de la situation politique à Madagascar et en République démocratique du Congo », a-t-il poursuivi.

Le Bureau de liaison reste muet sur les détails de ces deux rendez-vous. Ceux-ci interviennent après le Sommet des chefs d'État et du gouvernement des pays membres de la SADC à Dar-Es- Salaam les 7 et 8 décembre 2012. L'on ne sait si les dirigeants du bloc économique régional vont prendre ou non des décisions dans le cadre de l'application des résolutions prises lors du Sommet du bloc économique régional dans la capitale tanzanienne.

Le Sommet de la SADC avait « suggéré » une double non-candidature d'Andry Rajoelina, président de la Transition, et de son principal rival Marc Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud. Il en est de même du retour « sans condition » de ce dernier et la révision de la loi d'amnistie. Des sujets dont la plupart restent en suspens alors qu'il ne reste plus que deux mois avant la convocation des élections pour les présidentielles.

Jusqu'ici, la SADC montre ses limites pour faire sauter les verrous des obstacles qui se dressent sur le processus de sortie de crise. Les positions divergentes et inflexibles des parties prenantes à celui-ci mettent en exergue ses tergiversations. Dos au mur, le bloc économique régional devrait trouver la parade pour s'extirper du bourbier malgache, au risque de perdre la face. Des partenaires techniques et financiers commencent à s'impatienter et le font savoir, tandis que le Premier ministre Omer Beriziky ne se gêne pas pour critiquer son hésitation.

Flou persistant

Avec l'évolution de la situation actuelle, la venue d'une mission d'information de la SADC, prévue durant la deuxième quinzaine du mois de janvier risque à nouveau d'être cruciale. Celle-ci avait été programmée en décembre 2012 pour informer les parties prenantes au processus de sortie de crise, les tenants et aboutissants des résolutions du Sommet de décembre. Mais elle avait été repoussée cette année après une demande d'Andry Rajoelina, en déplacement à Paris.

Ladite mission aurait dû être réduite aux modalités pratiques d'application des résolutions. Mais elle prend son importance du fait du flou persistant pour débloquer la situation. Andry Rajoelina, président de la Transition, qui assure vouloir donner la primeur de l'annonce de sa décision « déjà prise », au peuple malgache, ne se prononce pas encore sur la « suggestion » de sa non-candidature, couplée avec celle de l'ancien président Marc Ravalomanana. En revanche, il avait fait savoir son refus de retoucher à la loi d'amnistie et avait évoqué la nécessité du temps pour régler le cas du retour de ce dernier.

Le cas du retour de l'ancien Président constitue le principal enjeu du moment. Les deux principaux protagonistes s'entendent sur le principe. Mais Marc Ravalomanana avait évoqué son retour le plus tôt possible lors de l'annonce de sa non-candidature. Il est fort possible qu'il ait mis dans la balance l'option de son retour avant les élections. Or, la déclaration d'Andry Rajoelina, réclamant du temps pour gérer le dossier, suppose une volonté de repousser celui-ci après les scrutins.

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