Le Potentiel (Kinshasa)

10 Janvier 2013

Centrafrique: La « Séléka » - un arbre qui cache la forêt

La République Centrafricaine est, depuis le 10 décembre 2012, en proie à une coalition de plusieurs mouvements rebelles (UFDR, CPJP, FDPC, CPSK et A2R), communément appelée la rébellion de la « Séléka ». Inconnue du public, elle mène une offensive éclair sur la capitale centrafricaine et menace de renverser le président élu, François Bozizé.

En dépit du démarrage à Libreville des négociations entre le pouvoir et la rébellion, celle-ci réclame à tout prix le départ du chef de l'Etat Bozizé et son transfert à la Cour pénale internationale, CPI. Si telles sont les desiderata des rebelles, à quoi servent ces pourparlers initiés par la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale) ? La question que d'aucuns se posent est celle de savoir qui finance cette rébellion ?

Interrogés à ce sujet par Afrikarabia, le porte-parole de la Séléka a fait savoir que le financement repose uniquement sur de petites cotisations des membres du mouvement. Une réponse qui étonne plus d'une personne, au regard de la rapidité avec laquelle, les rebelles occupent des villes stratégiques du pays.

Pour les uns, la rébellion qui menace de renverser le pouvoir en Centrafrique est, sans nul doute, soutenue par des puissances étrangères soucieuses de placer leurs hommes au pouvoir. Une façon, pour elles, d'imposer leur diktat sur la gestion des ressources naturelles du pays, estiment-ils.

Pour les autres, l'argent et l'islam seraient à l'origine de cette guerre imposée à la République Centrafricaine. Avant d'ajouter : « L'odeur du pétrole et tout ce qui est rattaché à la religion », est la cause fondamentale de la situation qui prévaut actuellement dans ce pays. Toutes ces hypothèses sont, à notre avis, loin de la vérité. Surtout, quand on sait que les différentes rébellions enregistrées en Afrique centrale ont pour cause fondamentale l'exploitation illicite des ressources naturelles. Illustration : la République démocratique du Congo est, à l'instar de la RCA, victime d'une guerre injuste lui imposée par une rébellion du M23 soutenue par le Rwanda et l'Ouganda. Deux pays qui sont instrumentalisés par des multinationales anglo-saxonnes.

Le coltan, découvert en grande quantité dans le Kivu, est surtout à la base de la guerre et son cortège de malheurs vécus par les populations civiles de cette partie orientale de la RDC. Comme si, le Congo-Kinshasa a commis un péché de posséder d'énormes richesses tant du sol que du sous-sol.

Dans un Etat moderne et démocratique, les rebelles de la Séléka et le M23 doivent avoir à l'esprit que c'est par la voie des urnes qu'il faut accéder au pouvoir et non par les armes. Car le véritable pouvoir est celui qui émane du souverain primaire.

Ads by Google

Copyright © 2013 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.