Afrique Centrale: La CEEAC en démineur?

A Libreville (Gabon), les discussions autour de la crise en RCA se sont poursuivies ce mercredi 9 janvier 2013. Elles devaient notamment porter sur le respect des accords de 2008. Les ministres des Affaires étrangères de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) ont reçu tous les protagonistes : représentants du pouvoir, de l'opposition politique et de la rébellion ont pu exposer leurs revendications. La Seleka a fait sensation en demandant que François Bozizé soit traduit devant la Cour pénale internationale (CPI).

Le Comité de suivi de l'accord de paix de 2008 devait être la préoccupation majeure de cette journée de négociations, les rebelles de la Seleka exigeant l'application de ce document cadre.

Dans la journée de mercredi, une séance plénière a eu lieu, pour que chaque partie puisse présenter ses revendications de vive voix. La délégation de la Seleka a entamé ces discussions de façon plutôt virulente. La coalition rebelle centrafricaine a en effet demandé, dans un mémorandum, que le président François Bozizé soit traduit devant la CPI.

La rébellion, qui demande toujours, par ailleurs, le départ du président centrafricain, accuse en effet ce dernier de « crimes de guerre et crimes contre l'humanité », parlant notamment de « détentions et séquestrations arbitraires », ou encore de « disparitions, assassinats et exécutions sommaires ».

Des crimes commis en 2002, selon le mémorandum, soit peu avant la prise de pouvoir, par les armes, de François Bozizé.

Les ministres des Affaires étrangères de la CEEAC se sont entretenus avec les membres de la délégation de la Seleka. On a vu la délégation gouvernementale repartir vers 19h30 (heure française) de la Cité de la démocratie, où se tiennent les discussions, sans faire de déclaration pour ne pas interférer.

Les ministres des Affaires étrangères de la CEEAC pourraient d'ores et déjà avoir commencé à discuter d'un cessez-le-feu avec les différentes délégations qu'ils ont reçues et qu'ils continueront de recevoir jusqu'à la fin.

Rappelons à ce titre que ce mardi 8 janvier, le Conseil des ministres des Affaires étrangères de la CEEAC s'était réuni à Libreville en préparation des négociations. Il avait notament regretté dans un communiqué « que toutes les parties continuent à faire des déclarations susceptibles de raviver les tensions », et appelé « immédiatement à un accord de cessez-le-feu ».

Les ministres ont également demandé le retrait immédiat des rebelles des villes occupées. Ils encouragent enfin le président Bozizé - qui a récemment qualifié la Seleka de « mercenaires terroristes » - à privilégier « une approche régionale de sortie de crise », allusion à peine voilée à la venue récente à Bangui de soldats sud-africains pour protéger son régime.

James Selfe

Parlementaire de l'opposition sud-africaine, membre de l'Alliance démocratique

Je crois vraiment que ce qui se passe en Centrafrique revêt la dimension d'une guerre civile. Je constate que dans ce conflit, le gouvernement sud-africain n'a pas déployé les forces de défense nationale sud-africaines pour qu'elles assurent une mission de maintien de la paix, mais au contraire pour soutenir une partie du conflit

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