Télégramme228 (Lomé)

Togo: Chamaillerie entre gouvernement et CST autour du carrefour Déckon

Photo: Telegramme228
Des manifestants du CST Logou dans les rues d'Atakpamé

Alors que le CST (Collectif Sauvons le Togo) dit n'avoir pas obtenu d'objection, après avoir informé les autorités togolaises qu'il projette organiser à Lomé ces 10, 11 et 12 janvier à Lomé une marche suivie de sit-in au Carrefour commercial Déckon au coeur de Lomé, c'est un ministre de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Gilbert Bawara, très nerveux qui a fait son apparition à la télévision nationale au journal de 20 h ce mercredi 09 janvier 2013. Objet de cette sortie, donner la position du gouvernement sur les trois jours de manifestation de l'opposition contestataire qui démarre aujourd'hui. « Dès lors que le point de chute de la manifestation n'est pas possible, le gouvernement considère que la marche ne peut même pas avoir lieu ».

Cette déclaration est celle du ministre Bawara pour informer du désaccord entre l'exécutif et les organisateurs sur le point de chute de cette marche. Les premiers disent vouloir préserver la liberté de tous à vaquer à ses occupations pour répondre à une sollicitation des habitants et des commerçants de Déckon alors que les seconds se refusent de l'entendre de cette oreille, au nom de la loi sur les manifestations publiques. Aux dires d'un des responsables sur une radio privée de Lomé ce mercredi, « il n'y a eu aucune réaction de la part du gouvernement, au plus tard dans les 72 heures qui précèdent la manifestation ». Une révélation que le ministre Bawara a semblé démonter en indiquant que par courrier, le gouvernement par ses soins a informé les organisateurs dans la journée de lundi dernier pour leur dire l'inopportunité d'une telle manifestation avec sit-in à Déckon.

C'est en tout cas une nouvelle chamaillerie autour du point de chute de la marche du CST qui jette du flou dans les esprits sur la position à adopter quand à la participation ou non à cette manifestation. Pour ce que l'on retient les déclarations du ministre Bawara se veulent très menaçantes : « Si quelqu'un venait être interpellé dans le cadre d'une manifestation qui doit plus avoir lieu, cette personne doit savoir qu'elle subira toute la rigueur de la loi. Aucune indulgence ne sera admise, quelles qu'en soient les interventions », faisant ainsi allusion aux médiations antérieurement déployées par des partenaires en développement et des ODDH (Organisations de Défense des Droits Humains) pour obtenir la libération de manifestants interpelés dans le cadre des manifestations précédentes.

A tout prendre, on ne peut que dire comme les anglais, wait and see. Et les premières heures de la journée de ce jeudi permettront de voir qui triomphera de la conquête du carrefour commercial et d'affaires Déckon.

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