Le président de l'UA, le Béninois Thomas Boni Yayi, a appelé, mardi dernier, l'Otan à déployer des forces aux côtés des troupes africaines qui doivent être envoyées dans le nord du Mali pour en chasser les groupes armés. En conférence de presse à Ottawa, il a déclaré avoir «attiré l'attention» du Premier ministre canadien, Stephen Harper, pour lui demander d'«intervenir pour que l'Otan s'ajoute» à la coalition internationale qui doit être formée, conformément à une résolution de l'ONU adoptée à la fin de décembre.
L'Otan n'a abordé aucune discussion sur une possible participation à une force internationale au Mali, pour aider les forces armées maliennes à reconquérir les régions du nord du pays sous contrôle de groupes armés, a indiqué hier à Bruxelles un responsable de l'Otan. «Il n'y a ni demande ni discussion sur un possible rôle pour l'Otan au Mali», a déclaré ce responsable, cité par l'AFP. «L'Otan n'est pas impliquée dans la crise» au Mali, a-t-il ajouté, s'exprimant au lendemain de déclarations du chef de l'Union africaine (UA) souhaitant voir l'Alliance atlantique jouer un rôle. Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, avait déjà déclaré en octobre dernier que l'alliance n'envisageait pas d'intervenir au Mali.
M. Boni Yayi a déclaré que l'Union africaine est «en train de formuler auprès des plus grands» décideurs de la planète le besoin de créer une «coalition globale» à l'image de celle qui avait été formée en Afghanistan après le 11 septembre 2001. Une «conférence internationale» va bientôt être organisée «pour décider qui fait quoi et quand», a expliqué Thomas Boni Yayi, ajoutant que «l'Otan devrait y participer». «Nous ne pouvons plus perdre de temps», a déclaré le président de l'UA. Le président de l'UA semble avoir pris la décision unilatérale de faire appel à l'Otan sans consulter les pays membres de l'UA. Il est clair que cette demande n'est autre que le souhait pressant des alliés européens du Bénin, dont la France, qui ne ménagent pas leurs efforts pour déclencher le plus rapidement possible une intervention armée au nord du Mali. Pour rappel, le président français, qui ne cesse de répéter que son pays n'interviendra pas directement sur le sol malien, a fait adopter sa résolution (N°2071) par le Conseil de sécurité. Ladite résolution chargeait le secrétariat général de l'ONU de travailler avec la Cédéao et l'UA pour présenter, dans les 45 jours, des «recommandations détaillées et applicables» en vue d'une intervention armée.
Le 20 décembre dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une deuxième résolution approuvant le déploiement d'une force armée internationale au Mali pour déloger les groupes armés qui en occupent le Nord. Seulement, cette fois, le texte portait sur une approche globale pour résoudre le conflit, en prenant notamment en compte les deux aspects militaire et politique. Aucun calendrier précis n'a toutefois été décidé pour ce déploiement, programmé par étapes selon les Nations unies, qui ont aussi appelé au dialogue avec les groupes armés rejetant le terrorisme et la partition du pays.
Et alors que l'étape du dialogue reste gelée du côté de Bamako poussant les groupes armés à renoncer à la trêve d'Alger, le président de l'UA lance un appel à l'Otan pour se préparer à la «guerre», omettant par là de rappeler à l'ordre le pouvoir en place à Bamako, qui agit contrairement aux recommandations de la résolution onusienne, laquelle n'autorise le déploiement que sous certaines conditions. Essentiellement «l'engagement de négociations crédibles avec les groupes présents dans le Nord, essentiellement les Touareg».
Toute la question est de savoir quelle est la raison qui fait courir le Béninois Thomas Boni Yayi pour attaquer le nord du Mali ?
La force de l'UE déployée en février
Le déploiement au Mali de la force montée par l'Union européenne est prévu au début de l'année 2013, à partir de février. Les 400 membres de cette force de l'UE auront pour mission de former et de restructurer les forces armées maliennes. La France s'est proposée comme nation-cadre de cette force, a déclaré mardi dernier le porte-parole du Quai d'Orsay, Philippe Lalliot, lors d'un point de presse. A propos de la force de la Cédéao et de l'Union africaine au Mali, la résolution 2085 du Conseil de sécurité de l'ONU a décidé son déploiement. La France discute avec ses partenaires de la mise en oeuvre, de la génération des forces, de leur organisation, du financement de l'opération, a ajouté Philippe Lalliot.

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