Dans les pourparlers sur la crise centrafricaine entamés depuis mercredi à Libreville, la rébellion centrafricaine Séléka (coalition en langue sango) a conditionné ce jeudi la fin des combats par la nomination d'un des leurs au poste de Premier ministre avec les pleins pouvoirs.
Outre la nomination d'un Premier ministre issu de l'opposition que le président de la République ne pourra pas limoger, les rebelles ont aussi exigé la révision de la constitution pour abroger la disposition donnant le pouvoir au chef de l'Etat de nommer et de destituer le Premier ministre. De même qu'ils ont également exigé la libération pendant la trêve de tous les prisonniers politiques.
Autres conditions, la levée de barricades dressées dans Bangui par les partisans de François Bozizé qui a encore la main mise sur la capitale centrafricaine.
La séléka a accepté d'observer un cessez-le-feu de sept jours afin de permettre au président François Bozizé de rapatrier les soldats étrangers arrivés en renfort à Bangui et faire place à la Force multinationale de l'Afrique centrale (FOMAC).
Selon de source concordante, François Bozizé qui a rejoint ses pairs de la sous-région cet après-midi à Libreville aurait animé un meeting à l'aéroport de Bangui où ses partisans étaient amassés.
Six chefs d'Etat des pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) sont dans la capitale gabonaise) pour prendre part à un sommet extraordinaire consacré à la crise centrafricaine. Il s'agit du président du Congo Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, de la Guinée Equatoriale, Teodoro Obiang Nguema, de Sao Tomé et Principe, Manuel Pinto Da Costa et du Tchad, Idriss Déby Itno, par ailleurs président en exercice de la CEEAC, François Bozizé de la RCA et Ali Bongo Ondimba du Gabon, hôte des assises.
A l'ouverture de ce sommet extraordinaire, le Chef de l'Etat tchadien, Idriss Deby Itno et Denis Sassou Nguesso ont appelé les protagonistes centrafricains à un sursaut patriotique pour un retour au calme dans leur pays.
On rappelle que depuis le 10 décembre dernier, le pouvoir de François Bozizé est menacé par les rebelles de la Séléka qui demandent son départ après avoir conquis plusieurs villes de l'intérieur du pays. Plus que 75km sépareraient ces rebelles de la capitale centrafricaine. D'où la détermination et l'urgence des Chefs d'Etats de la sous-région à trouver un compromis à la crise qui perdure.
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