L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Mali: Regrets et espoir de la médiation

Photo: RFI/Moussa Kaka
Groupes armés dans le Nord du Mali.

Le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, Djibril Bassolet, et son collègue de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité, Jérôme Bougouma, ont rencontré le corps diplomatique le 10 janvier 2013 à Ouagadougou. Etaient au menu des échanges le point de la médiation dans la crise malienne et les mesures sécuritaires prises au nord. Sur le premier point, le chef de la diplomatie burkinabè a confié ses regrets et son espoir aux journalistes.

Depuis le mercredi 9 janvier 2013, la crise malienne a franchi un nouveau pallier avec les récentes manifestations à Bamako qui mettent à mal la stabilité des institutions et les hostilités militaires qui ont tourné, semble-t-il, à l'avantage des islamistes qui se sont emparés de Konnan, une localité située à 70 km du nord de Mopti.

Le chef de la diplomatie burkinabè, Djibril Bassolet, a fait le point des activités du médiateur de la CEDEAO, Blaise Compaoré, au corps diplomatique, hier dans la soirée. Son homologue de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité, Jerôme Bougouma, a pour sa part rassuré les diplomates sur les mesures "robustes et efficaces prises" dans les régions du Centre-Nord, du Nord et du Sahel pour "parer à toute éventualité".

Selon lui, un groupe anti-terroriste de 1000 hommes se tient à la brèche et 500 sont déjà sur le terrain. "Nous veillons au grain ; les populations peuvent vaquer à leurs occupations", a dit le ministre Jerôme Bougouma, qui a salué le travail des services de renseignements et souhaité la collaboration des populations.

Au sujet de la reprise des hostilités militaires au Nord Mali avec la prise de Konnan par les rebelles, Djibril Bassolet a dit ses regrets d'autant plus que le 4 décembre 2012, des enturbannés du Nord ont déclaré solennellement leur disponibilité au dialogue par la cessation de toute hostilité.

"Ce qui se passe complique déjà le processus de dialogue et pour que le dialogue prospère, il faut que les hostilités militaires s'arrêtent impérativement", a-t-il souligné avant de lancer un appel solennel aux belligérants à créer un environnement de sérénité et de confiance en s'abstenant de tout affrontement pour éviter des pertes en vie humaine.

Djibril Bassolet dit garder l'espoir que les négociations prévues le 21 janvier auront lieu en dépit de la situation qui n'incite guère à l'optimisme. "On n'a jamais vu de processus linéaire sans accrocs, sinon on n'aurait pas besoin d'un médiateur", a-t-il relevé.

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