Togo: Bras de fer entre l'opposition et le pouvoir sur les manifestations

Photo: Telegramme228
Des manifestants du CST Logou dans les rues d'Atakpamé

Une vingtaine de manifestants ont été blessés alors que 18 personnes ont été interpellés le 10 janvier lors d'une intervention des forces de l'ordre pour empêcher la tenue d'une manifestation de l'opposition à Lomé.

Le Collectif sauvons le Togo, CST, avait appelé à trois jours de manifestations à partir de jeudi pour réclamer des réformes avant les élections. Dans la capitale togolaise, tous les moyens étaient mis en place pour empêcher la manifestation, interdite par les autorités la veille.

« Le dernier tour de Jéricho », c'est le nom donné à ces trois jours de manifestation qui devait commencer jeudi à Lomé et les principales villes du pays. A Lomé, elle n'a pas eu le temps de démarrer. Dès l'aube, forces de police et de gendarmerie ont pris d'assaut tous les carrefours.

Au point de départ au marché de Bè, aucun rassemblement n'a été autorisé. Ceux qui osent sont vite dispersés, mais ne baissent les bras. Ils s'organisent et se retranchent dans le cimetière de Bè-Agodogan situé en face du marché. De là, à l'aide de pétard et de parpaings, les jeunes manifestants ripostent. L'affrontement a duré toute la matinée : pétards et jet de pierres contre gaz lacrymogène et matraques. Le bilan de la journée, c'est Zeus Ajavon, coordinateur du CST qui la donne :

« Nous avons une liste provisoire qui fait état de dix-huit personnes interpellées, et cela continue, et une vingtaine de blessés ».

Une journée d'une rare violence et pour Gabriel Agbéyomé Kodjo, tout cela est de la faute du gouvernement : « Je pense que c'est la responsabilité pleine et entière du pouvoir. Qu'est-ce que le collectif « Sauvons le Togo » demande ? Qu'on mette en place un comité paritaire, s'il ne veut pas faire de dialogue, pour qu'on examine les textes fondamentaux pour aller aux élections. On ne peut pas faire cela et on laisse les gens s'affronter dans la rue, et les massacre ».

A la tombée de la nuit, la vie a timidement repris, quelques commerçantes ont levé les rideaux de fer de leurs boutiques, pendant que le collectif « Sauvons le Togo » mobilise ses troupes pour les deux jours restants du « dernier tour de Jéricho ».

Le marché de Kara parti en fumée

Le grand marché de Kara situé à 340 km au nord de Lomé, la capitale, n'est plus qu'un amas de cendres et d'objets calcinés. Le feu qui a démarré aux environs de 1 heure du matin jeudi n'a été maitrisé qu'au petit-matin et les causes de l'incendie ne sont pas connues pour le moment. De l'avis des témoins, l'incendie aurait été provoqué par des feux allumés par les sans-abris pour se protéger du froid et de l'harmattan.

Mais d'autres avancent des causes liées à un cours-circuits ou à une négligence. Le grand marché de Kara est situé au coeur de la ville et c'est le plus grand marché de la région. Si on aucune perte en vie humaine n'est à déplorée, les dégâts matériels, sont énormes car tout le marché est parti en fumée. Le président Faure Gnassingbé s'est rendu sur place et a promis la solidarité des autorités avec les sinistrés.

Faure Gnassingbé

Président togolais

Le marché est un lieu symbolique, c'est un peu l'âme de la ville. Nous sommes tous touché par ce drame. L'Etat prend l'engagement de faire tout ce qu'il est possible pour trouver les solutions adéquates.

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