Le Phare (Kinshasa)

11 Janvier 2013

Congo-Kinshasa: Drones en RD Congo - Washington d'accord !

Kinshasa — Le porte-parole du Département d'Etat vient de confirmer la position exprimée par le représentant des USA au Conseil de Sécurité de l'ONU et allant dans le sens du soutien de la proposition d'utilisation des drones pour la surveillance aérienne de la partie Est de la République Démocratique du Congo. Relancée par Hervé Ladsous, chef des Opérations de Maintien de la Paix aux Nations Unies, l'initiative vise à faire le monitoring des activités militaires régulières comme irrégulières qui touchent la frontière commune entre le RDC, le Rwanda et l'Ouganda.

Accusés par l'opinion tant congolaise, américaine qu'internationale de faire la politique de l'autruche lorsqu'il s'agit de débattre des questions politiques et sécuritaires de notre pays, les Usa ont là l'occasion d'apporter un démenti formel aux allégations en rapport avec les accointances présumées de certains de leurs officiels avec les maîtres de Kigali. Un changement radical de perception des problèmes congolais aurait le don de faire oublier, tant soit peu, les critiques acerbes faites dernièrement à la diplomatie américaine dans les colonnes du New York Times ainsi que lors des débats au Comité des Affaires Africaines de la Chambre des Représentants.

Des millions de Congolaises et Congolais peuvent se réjouir de la caution de l'Oncle Sam au projet de déploiement des drones (avions téléguidés sans pilotes) à l'Est de la République Démocratique du Congo.

Nul n'ignore que la voix des USA pèse lourd au Conseil de Sécurité, surtout lorsqu'elle est associée à celles d'autres grandes puissances de la planète telles que la France et la Grande-Bretagne, en dépit de la pression du « camp du refus » représenté par la Chine, la Russie et le Rwanda. Membre non permanent du Conseil de Sécurité nouvellement arrivé dans l'arène, le pays de Paul Kagame serait, logiquement, incapable de bloquer la grande Amérique, à moins que cette dernière ne se ravise pour retomber dans la complaisance qui a causé beaucoup de tort à la cause de la paix au Congo démocratique.

Concernant la présence imminente des drones dans l'espace aérien du Nord-Kivu, nombre d'observateurs saluent la démarche car elle va permettre au monde extérieur de savoir ce qui se passe réellement le long de la frontière congolo-rwando-ougandaise. La surveillance aérienne de la partie Est de la RDC devrait, en principe, obliger ses voisins indélicats et belliqueux à renoncer à leurs safaris militaires en territoire congolais, inaugurés depuis l'épopée de l'AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo) en 1996.

Le fond de commerce rwando-ougandais en péril L'utilisation des drones dans le dispositif de surveillance de l'espace aérien à l'Est de la RDC présente un autre avantage : c'est celui de vider le fond de commerce rwando-ougandais basé sur l'instrumentalisation des FDLR par le régime de Kigali et de la LRA par celui de Kampala pour culpabiliser l'Etat congolais et le tenir pour responsable de prétendues actions de déstabilisation du Rwanda et de l'Ouganda. Les dividendes que la RDCongo, devrait tirer de la mise en service des drones serait la neutralisation progressive des forces négatives, internes et externes, qui écument la Province Orientale et le Nord-Kivu.

Si le Rwanda persiste dans son rejet de la stratégie de sécurisation de l'Est de la RDC par les drones, la leçon à en tirer serait que ce pays n'est pas inquiété par les FDLR ou d'autres forces négatives, comme il le laisse croire à la communauté internationale. Ce serait là aussi une indication fort révélatrice de son intention de continuer à piller les ressources naturelles congolaises et à « fabriquer » des rébellions chargées de massacrer des Congolais et de déstabiliser leur mère patrie.

Quant aux gouvernants congolais, ils devraient mettre à profit la nouvelle stratégie de surveillance aérienne du territoire congolais de l'Est pour s'investir davantage dans le processus de réforme de l'armée nationale. Il ne devrait pas s'agir de saupoudrage ou de rafistolage des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) mais de lutter contre l'incurie militaire qui fait passer désormais le Congo démocratique, aux yeux de ses voisins, pour un colosse aux pieds d'argile. Point n'est besoin de souligner qu'hormis les moyens financiers qui font défaut, l'expertise nationale est là pour la construction d'une armée nouvelle, capable de répondre aux défis sécuritaires d'un grand Etat au cœur de l'Afrique. Il faudrait, hélas, compter aussi avec la volonté politique dans ce rêve de l'émergence d'une armée professionnelle en RDC.

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