L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Centrafrique: Un gouvernement d'union pour taire les armes

Photo: HDPTCAR
Rebel camp in the north-eastern Central African Republic.

Ouf ! Le président centrafricain, François Bozizé, peut enfin souffler. Il y a quelques jours, en effet, une coalition de mouvements rebelles menaçait son pouvoir en menant des offensives terrestres jusqu'aux portes de Bangui. N'eût été l'intervention des soldats tchadiens et l'interposition des forces armées des Etats de l'Afrique centrale, le chef suprême de l'armée centrafricaine serait un exilé politique dans un pays ami, s'il n'avait pas été sans doute, à l'heure qu'il est, simplement fait prisonnier.

Face à la défaite cuisante qui se profilait à l'horizon, le président Bozizé a limogé le ministre de la Défense (son fils Francis) et le chef d'état-major des forces armées pour porter la tunique de chef de guerre. Conscient de certaines limites dans ses rangs, il avait, bien qu'il eût décidé de prendre les choses en main militairement, proposé l'ouverture de négociations avec la rébellion en vue de la formation d'un gouvernement d'union nationale.

Et c'est à Libreville que les protagonistes de la crise centrafricaine se sont retrouvés pour les pourparlers, lesquels ont abouti à la signature, le 11 janvier, d'un accord de cessez-le-feu qui prévoit, entre autres, le retrait progressif des troupes de la Séléka de la zone occupée, le maintien de Bozizé aux affaires et la formation d'un gouvernement inclusif avec toutes les parties et conduit par un Premier ministre issu de l'opposition, qui ne peut être révoqué par le président de la République.

Nous étions septique quant à l'issue de ce dialogue et les résultats auxquels sont parvenus lesbélligérants, sous les auspices d'Ali Bongo et d'Idriss Déby, paraissent comme un miracle tant les positions étaient figées.

Cependant, chose est de signer un accord et une autre est de le respecter. Et en la matière, Bozizé n'est pas un exemple au regard des différents engagements qu'il avait pris mais qu'il a foulés aux pieds. Tiendra-t-il parole cette fois ?

En tout cas pour donner un gage de bonne foi, il a au cours du week-end dissous l'exécutif centrafricain. Et au moment où nous bouclions la présente édition, le nom du chef de gouvernement n'était pas encore connu, mais le favori serait l'ancien président du Parlement de transition après le coup d'Etat de Bozizé, Nicolas Tiangaye.

Quelle sera la composition de ce gouvernement d'union nationale en termes de portefeuilles ministériels ?

La cohabitation normale pourrait dépendre de la répartition des postes, et il faudra y un savant dosage afin que tout le monde trouve son compte, sinon les vieux démons pourraient ressurgir.

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