L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

13 Janvier 2013

Afrique de l'Ouest: Forces africaines au Mali - que tout le monde s'y mette

Alea jacta est ! En décidant, contre toute attente, de franchir la ligne de démarcation entre le Nord, sous leur joug, et le Sud, sous contrôle du gouvernement malien, les jihadistes ont hâté la MISMA (la Mission internationale de soutien au Mali). Allah ne pouvait pas offrir meilleure occasion d'en finir avec ces imposteurs qui avilissent Sa parole et tyrannisent Ses créatures.

La faute heureuse, pourraient se réjouir tous ceux qui piaffaient d'impatience de débusquer la nébuleuse au lance-flamme. L'occasion leur est désormais donnée, sinon imposée.

A la suite de l'intervention française qui a permis de stopper, à Konnan, la folle avancée des groupes armés, Ansar Dine, AQMI le MNLA et le MUJAO vers Bamako, c'est le branle-bas de combat au sein de la CEDEAO dont les premiers renforts étaient attendus hier dimanche. (Lire aussi page 5). C'est la totale, comme qui dirait, contre cette férule salafiste qui menace la sécurité et la stabilité de toute la région ouest-africaine.

Même les partisans d'une sortie de crise négociée, pris de court et exaspérés par ce coup de Jarnac des islamistes, se sont finalement résolus à recourir aux armes. Ainsi de Blaise Compaoré, médiateur de la crise malienne pour la CEDEAO.

Même adepte invétéré de la solution diplomatique, et doté d'une patience à toute épreuve, le chef de l'Etat burkinabè n'a pu souffrir cette violation unilatérale et délibérée du cessez-le-feu par les groupes armées. La faute de trop. Au point de pousser le négociateur à troquer son dhotî de Mahatma Gandhi pour la cotte de mailles de Soundiata Kéita (1).

Chef suprême des armées, et sans doute excédé par cette énième palinodie de ceux qu'il considérait jusque-là doués de raison, donc perfectibles, le président du Faso a décidé d'envoyer 500 soldats aux côtés de la Force africaine pour libérer le septentrion malien.

En attendant le sommet extraordinaire de la CEDEAO prévu pour le samedi 19 janvier 2013 à Abidjan, le Niger et le Sénégal se sont engagés eux aussi à déployer chacun un bataillon de 500 hommes alors que le Bénin et le Togo promettent chacun une troupe de 300 militaires. Le Nigeria, qui est déjà présent sur le terrain avec une équipe de l'armée de l'air, va dépêcher, dans les jours à venir, le gros de cette Force africaine avec l'envoi de 600 combattants.

Délogée de Konnan, affaiblie par les pertes humaines et matérielles infligées par l'aviation française et les troupes terrestres maliennes, démoralisée par cette riposte éclair, la coalition islamiste a désormais un genou à terre. Malgré l'importante force de feu qu'on lui prête. Aux dernières nouvelles, elle aurait été touchée dans ses positions au Nord.

Elle a certes perdu la bataille mais pas la guerre. Le plus dur reste à venir, à savoir la reconquête du Nord. Alors point de répit. Il faut frapper vite et fort.

En intervenant militairement, l'Hexagone a joué sa partition plus que ce n'était prévu. Aux Africains de jouer la leur. Particulièrement les pays de la CEDEAO. Il y va de l'intérêt de tous. Alors tous doivent s'y mettre. Chacun selon ses capacités. En hommes, en logistique, en renseignements, tout ce qui est bon pour enrayer cette gangrène islamiste est bon à prendre.

Alors, armées de toute la CEDEAO, levez-vous !

(1) fondateur de l'empire du Mali et intrépide guerrier qui, selon la légende, libéra son peuple de la domination de Soumaoro Kanté, roi du Sosso

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