Fratmat.info (Abidjan)

Cote d'Ivoire: Elections régionales et municipales - comment les partis politiques se préparent ?

Le secrétaire général du Pdci - Rda, Alphonse Djédjé Mady, scrute l'horizon avec beaucoup d'espoir. Chaque formation politique est au laboratoire depuis quelques jours, pour asseoir, la meilleure stratégie lui permettant de remporter le maximum de circonscriptions.

•Pdci - Rda : Faire mieux qu'aux législatives

Comment revenir à la première place et démontrer par là que le Pdci-Rda reste le premier parti de la Côte d'Ivoire ? Voici, pour ce parti, l'un des enjeux majeurs. "J'ai été investi par la direction et le président du Pdci-Rda pour défendre les couleurs du parti aux élections municipales dans la commune de Treichville. C'est un honneur, mais c'est aussi une lourde tâche. Car Treichville est le berceau du Pdci et en était le bastion jusque dans un passé récent. Mais les élections présidentielle et législatives dernières ont démontré le contraire. Il nous appartient, à travers les municipales prochaines, de montrer que Treichville demeure le bastion de notre parti. C'est une charge qui revient à toute l'équipe que je dirige, mais aussi à la direction du parti parce que cette commune est un symbole pour le Pdci-Rda. Il revient donc à tous de faire en sorte que le parti sorte vainqueur de ces élections". Ces propos de François Albert Amichia, candidat du Pdci-Rda aux municipales 2013 dans la commune de Treichville, résument l'importance de ce scrutin.

Une nouvelle défaite serait synonyme d'une réelle perte de vitalité pour ce parti qui a dirigé la Côte d'Ivoire pendant 33 ans. En octobre 2010, personne n'avait parié que le candidat du Pdci-Rda à la présidentielle, Henri Konan Bédié, sortirait dès le premier tour. Nombreux sont ceux qui, au contraire, l'avaient donné, vainqueur de ce scrutin historique. Son parti n'était-il pas le mieux implanté en Côte d'Ivoire ? N'avait-il pas les cadres les mieux outillés pour l'organisation d'une élection ? Mais sur le terrain et dans les urnes, la réalité a été tout autre. Le Pdci-Rda n'a pas réussi le passage de la majorité affective à celle effective. Avec 25, 24%, Henri Konan Bédié a pointé troisième à cette élection. Le Pdci-Rda n'a pu consolider sa place de parti leader. Hormis la région du centre, il a subi des revers inattendu dans la région de la Comoé qui, jusque-là, lui était acquise. Abengourou, Agnibilékrou, Grand-Bassam et Aboisso ont échappé au contrôle du parti "bâtisseur de la Côte d'Ivoire moderne". Le scrutin législatif de décembre 2011 était considéré comme celui du rachat. Démontrer à tous que malgré la défaite lors de la présidentielle, le Pdci-Rda demeure "toujours premier". Mais une fois encore, le bateau a pris de l'eau. Nouvelle bérézina pour le parti d'Henri Konan Bédié, deuxième derrière le Rassemblement des républicains qui conforte sa place de leader de la vie politique ivoirienne.

Ces élections couplées représentent une nouvelle occasion pour le Pdci-Rda de revenir au premier rang de la loge d'honneur. La sélection des candidats a été faite après des consultations qui ont abouti, pour la plupart, à des choix consensuels. Henri Konan Bédi, le premier responsable de ce parti, avait donné des instructions dans ce sens au Comité électoral dirigé par le général Gaston Ouassénan Koné. La recherche du consensus vise à éviter les candidatures indépendantes. Au cas où les négociations pour des listes communes du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix n'aboutissent pas, le Pdci-Rda dispose de son commando pour jouer les premiers rôles.

Étienne Aboua

•15 intentions de candidatures au Mfa

Quatorze cadres ont sollicité le parrainage du Mfa pour leurs candidatures aux élections municipales et un pour les régionales. L'information nous a été confiée par le secrétaire général adjoint chargé des élections de ce parti, Jonas Gary, le mardi 8 janvier à son siège, à Angré, en présence de son adjoint, Valdez Kouamé. Selon lui, un comité de 15 personnes a été mis en place pour la réception des intentions de candidatures et leur examen. Dans ce comité, sont représentés, entre autres, les femmes, les jeunes et les cadres. Il est présidé par le représentant des cadres, Guy Mangoua. Le secrétaire général adjoint, lui, s'entretient avec chaque tête de liste, vérifie si son dossier est complet avant de le soumettre aux questions de l'ensemble du comité en plénière. «Mais le dernier mot pour la validation de chaque candidature revient à la direction du parti, notamment au président Anaky Kobéna», précise Jonas Gary. C'est ainsi que les 14 têtes de liste aux municipales, dont une femme, Mme Kouakou Victorine (Prikro), ont été choisies. «Toute personne qui se réclame du Mfa et proclamera sa candidature en dehors de ce schéma subira la rigueur du parti», menace-t-il. Le secrétaire général adjoint du Mfa chargé des élections note que Marcory est la seule commune d'Abidjan où son parti aura une liste. Pour les élections à venir, il dit ne pas sentir le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), la coalition dont le Mfa est membre. «Je constate sur le terrain qu'il n'y a plus de Rhdp», lance Jonas Gary sous l'approbation de Valdez Kouamé. «Les soi- disant grands partis demandent qu'on s'aligne sur leurs candidats ; on ne sait pas trop ce que cela veut dire», accuse-t-il. Il salue, toutefois, l'exemple de Koumassi où, selon lui, une vraie liste Rhdp a été établie.

Le parti d'Innocent Anaky Kobena souhaite, par ailleurs, que la Cei prolonge d'une semaine à 15 jours le délai de dépôt des candidatures (initialement fixé au 10 janvier) et reporte même les élections. En outre, il invite le gouvernement à faire en sorte que l'opposition, notamment le Fpi, participe aux élections locales. «Que toutes les dispositions sécuritaires soient prises pour que ces élections soient paisibles et que la Cei et la société civile sensibilisent la population à des comportements responsables», souhaite-t-il.

Pascal Soro

• Woï Messé (Udpci) : " L'Udpci ne soutiendra aucun indépendant "

Nous lançons un appel aux autorités qui en ont le pouvoir de faire en sorte que les municipales et régionales soient des élections apaisées. Que véritablement les hommes en armes qui ne seront pas commis pour sécuriser ces élections ne s'y mêlent pas». Ce cri du coeur a été lancé, le 8 janvier, par le président du comité électoral de l'Udpci, Alphonse Woï Messé. «Que ce qui s'est passé aux législatives ne se répète pas...Heureusement que depuis lors, beaucoup d'hommes en armes ont été démobilisés et que des armes ont été retirées», a ajouté le vice-président du parti arc-en-ciel que nous avons rencontré à son siège aux Deux-Plateaux. Le parti de El-hadj Abdala Albert Mabri Toikeusse souhaite, par ailleurs, que la Cei maintienne la date du scrutin (le 24 février), mais repousse la date butoir du dépôt des candidatures (qui était initialement fixée au 10 janvier) d'une semaine. «Cela nous permettrait de compléter nos dossiers», justifie Woï Messé.

A l'Udpci, c'est un comité électoral de 15 membres qu'il préside, qui a été mis en place pour la gestion des dossiers de candidatures. Selon ses précisions, tout commence par la réception du dossier des têtes de liste. Quand plusieurs cadres s'intéressent à une même localité, le comité les reçoit les uns après les autres et chacun défend son dossier : cv, liste de conseillers, soutiens sur le terrain et des cadres du parti, ambitions de développement de la commune. Après cette phase, il les appelle à dégager une tête de liste consensuelle. Mais quand ça ne marche pas, il met en place un petit comité de quatre ou cinq membres pour les amener au consensus, explique Woï Messé.

Au village, pour trancher

Si le consensus demeure impossible, le grand comité, qui n'a pas de pouvoir de décision, fait des recommandations à la direction du parti, notamment au président Mabri Toikeusse. Il en a été ainsi pour les communes de Biankouma, Logoualé, Danané, Zouan-Hounien et Bin-Houyé. Pour pouvoir désigner une tête de liste pour chacune de ces localités, le président de l'Udpci a dû mettre à profit une tournée à l'ouest. «Au lieu des primaires qui peuvent poser beaucoup de problèmes», note le président du comité électoral, le président a organisé, dans chacune de ces localités, une consultation populaire. Y ont participé, entre autres, les chefs traditionnels, les coordonnateurs, les secrétaires de section. Mabri Toikeusse a soumis les différentes têtes de liste à chaque forum. Puis, à l'issue de ces consultations, il a opéré un choix. «Mais malgré tout cela, il y a encore des cadres qui ne veulent pas s'aligner sur le choix du parti», avoue Woï Messé. Qui ajoute que c'est avec la proclamation des candidatures par la Cei que l'Udpci sera située sur les candidats indépendants issus de ses rangs.

A Man, ce parti est tête de liste pour les régionales.

Dans les communes où il n'y a pas de liste Rhdp, l'Udpci est prête à travailler avec les cadres qui ont été retenus par les partis frères (s'ils le sollicitent, précise-t-il, en outre. «Cela veut dire qu'en aucun cas, l'Udpci ne soutiendra un candidat indépendant. On ne va pas aller semer le désordre chez les autres», souligne Woï Messé.

Le chef des élections au Rdr, Ibrahim Doumbia, que nous avons contacté pour nous entretenir sur la question des élections locales, lui, a promis de réagir par une déclaration que nous n'avions pas encore reçue au moment où nous mettions sous presse.

Pascal Soro

• Le Pit présent dans 6 localités, la Lmp attend...

Le Parti ivoirien des travailleurs envisage de participer au prochain scrutin des Conseillers municipaux ; six municipalités ont été ciblées. Ce sont: Daoukro, Kokoumbo, Transua, Sangouiné, Dabakala et Toumodi. Des militants ont été choisis pour conduire les listes Pit dans ces localités et en être la tête de liste. Une plus grande partie du territoire aurait dû être couverte. Mais, le parti pense que pour ce début, il vaut mieux concentrer ses forces sur quelques villes, où il y a des chances de se positionner convenablement », nous a confié le Pr. Simon Pierre Ekanza M'Bra, chargé des élections du Pit. Ailleurs, dans d'autres localités, les militants du Pit, selon ses dires, « sans être têtes de liste, sont inscrits après accord sur des listes présentées par les partis alliés ». Pour l'élection des Conseillers régionaux, le Pit a préféré ne pas présenter de listes. Ce parti trouve qu'il ne dispose pas d'assez de temps pour mobiliser ses militants pour ce scrutin ciblé. C'est pourquoi, il n'a pas voulu disperser ses forces. « Le parti et sa direction sont présentement mobilisés pour la réussite du congrès (ce congrès s'est tenu du 11 au 13 janvier). La tenue du congrès et les résolutions qui en sortiront permettront au parti de se revigorer en vue de nouvelles stratégies dans sa marche en avant », termine-t-il.

Quant à la Ligue des mouvements pour le progrès (Lmp), ses premiers responsables disent attendre que le gouvernement donne des réponses satisfaisantes à leurs différentes préoccupations, avant de se décider. En effet, au niveau du Cadre permanent de dialogue (Cpd), la Lmp, à la table de discussions, a demandé le report de la date des élections municipales et régionales couplées, le financement des partis politiques, la recomposition de la Commission électorale indépendante, la sécurité et la liberté démocratique et enfin, le libre accès aux médias publics. La Lmp qui regroupe les partis de Gervais Coulibaly (Cap-Udd), d'Aimé Appia Kabran (Mnc-Alternative), d' Henriette Lagou Adjoua (Rpc), de Mel Eg Théodore (Udcy), participera au prochain scrutin si ses préoccupations sont prises en compte.

Brou Presthone

Ads by Google

Copyright © 2013 Fratmat.info. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.