Le Phare (Kinshasa)

14 Janvier 2013

Congo-Kinshasa: Dr Denis Mukwege de retour à Bukavu

Kinshasa — Des sources concordantes et proches de ce médecin dévoué, avocat de la cause de la femme violée, ont annoncé à la presse, samedi 12 décembre, son retour dans la ville de Bukavu au Sud-Kivu via Bujumbura au Burundi ce lundi 14 janvier, pour poursuivre son œuvre humanitaire à l’Hôpital de Panzi où il essai de rendre tant soit peu aux femmes leurs dignités.

En effet, après avoir échappé miraculeusement à une tentative d’assassinat orchestrée contre lui et sa famille, par trois bandits armés non autrement identifiés, qui courent encore dans la nature, et après s’être exilé momentanément en Europe pour se remettre du traumatisme causé par cette agression ignoble, fidèle à son engagement, docteur Denis Mukwege a pris la grave et courageuse décision de regagner son poste de travail, avec toute sa famille, pour continuer l’œuvre entamée avec son équipe.

Cette décision grave et audacieuse, annoncent ses sources, est motivée par de nombreux cris de détresses qui ne cessaient de lui lancer ses protégées qui réclamaient chaque jour à cor et à cri le retour de ce praticien engagé à défendre la dignité humaine par son travail de réparation de préjudices tant corporels que psychologiques.

A ce jour, l’hôpital de Panzi dont il est le promoteur a déjà eu à soigner près de 40 mille femmes victimes d’agression sexuelle diverse dont de nombreux cas de fistule, soit près de trois mille femmes chaque année.

Pour rappel, après une journée de travail pleinement remplie, le 25 octobre 2012, docteur Denis Mukwege, un de rares Congolais qui appellent respect et admiration pour son dévouement à la cause des autres après secondaire à la Bwindi, l’une de grandes écoles de Bukavu, tenue par des missionnaires protestants scandinaves, de retour chez lui dans la commune de Muhumba, à Bukavu, s’est retrouvé nez à nez avec ses agresseurs. Lui et sa famille et ils n’ont eu la vie sauve que lorsque sa sentinelle a été abattue de sang froid.

Pris de panique, les inciviques se sont évanouis dans la nature. Une affaire dont toute la lumière reste encore à faire pour retrouver ces malfrats en cavale qui ont failli lui ôter sa vie.

Exil très fructueux

Lauréat de plusieurs prix internationaux pour son engagement, docteur Mukwege a mis à profit son séjour en occident pour prendre contact et être le porte-voix des femmes sans voix du Sud-Kivu qui ne souhaitent rien d’autre que le retour rapide de la paix afin de vaquer à leurs occupations sans peur d’être violées.

Surtout, il a circulé à travers le monde auprès des décideurs pour plaider pour le sort des femmes et enfants violés dans la partie orientale de la Rd Congo, otages de nombreux groupes armés, tant nationaux qu’étrangers qui y opèrent dans l’indifférence totale.

Parmi les grands moments de ce plaidoyer, il y a notamment son discours à la tribune des Nations Unies, au cours duquel il avait fustigé la passivité de la communauté internationale qui regarde de graves cas de crimes contre l’humanité s’opérer sans broncher.

Dans ce discours qui restera dans les annales de cette organisation internationale, il a entre autres dénoncé devant les ambassadeurs de l’Onu les années de barbaries, souffrances et d’errance de ces populations caractérisées par des mutilations de femmes, de destruction de tout le tissu social dans cette partie de la Rd Congo.

Sans détours, le médecin a accusé la communauté internationale d‘avoir fait preuve, pendant ces années de drame humain, de peur et de manque de courage pour prendre des décisions idoines afin d’arrêter cette tragédie.

Il s’est néanmoins réjouit que désormais, grâce aux différents rapports Mapping du Haut commissaire aux droits humains de l’Onu et beaucoup d’autres rapports crédibles, plus personne ne peut se cacher derrière des arguments qui tendent à présenter la situation de crise comme complexe.

Occasion faisant le larron, il a réclamé que de manière unanime, la communauté internationale prenne ses responsabilités pour condamner les responsables connus de ces actes ignobles et ne plus continuer à tergiverser devant cette urgence humanitaire qui frise la complicité de certains membres des Nations Unies.

C’est-à-dire que, la justice soit faite en faveur de victimes afin de les réhabiliter tant soit peu. Mais également, tout en rendant hommage à ses protégées, il a plaidé pour mettre fin rapidement à cette guerre injuste imposée à la Rd Congo qui utilise la violence et le viol de femmes et enfants congolais comme une stratégie d’affaiblissement de l’ennemi.

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