15 Janvier 2013

Mali: L'aviation française poursuit ses bombardements

Photo: Ministère de la Défense Française
Lancement de l'opération Serval le 11 janvier 2013 - EMA / armée de l'Air

De nouveaux raids aériens ont été menés dans la nuit dans les environs de Diabaly, une localité investie lundi par des jihadistes. C'est ce qu'a annoncé le président français depuis les Emirats arabes unis. François Hollande est arrivé ce mardi matin 15 janvier à Abou Dhabi pour une visite largement consacrée à l'intervention française au Mali qui entre dans son cinquième jour.

Les frappes aériennes se poursuivent et ces opérations, qui ont commencé vendredi, ont conduit lundi les groupes armés à quitter plusieurs grandes villes de la région. À Gao et à Tombouctou, notamment, des témoignages font état d'une désertion des combattants islamistes. Il faut dire que les jihadistes ont essuyé de lourdes pertes, ces derniers jours.

Les bombardements français, qui visent sans relâche les bases arrière islamistes depuis jeudi soir, ont occasionné des pertes humaines mais aussi matérielles considérables chez les combattants islamistes, avec la destruction de stocks d'armes, de camps d'entraînement ou encore de bases jihadistes. C'était par exemple le cas lundi dans la ville de Douentza, dans le centre du pays. Douentza qui était la localité la plus avancée, au sud, tenue par les islamistes.

Cela dit, rien n'est encore joué et les jihadistes semblent malgré tout avoir de la réserve. Ils se sont repliés, mais cela signifie aussi qu'ils sont en train de se remobiliser pour combattre. Ils se sont d'ailleurs rendus maîtres, lundi, de la ville de Diabaly, qui n'est située qu'à 170 km de Ségou, première grande ville de la zone « libre », sur la route de Bamako.

On est encore très loin de ce qu'on pourrait appeler une victoire, mais déjà les conséquences des frappes aériennes françaises sont visibles sur le terrain. L'annonce, par François Hollande, ce mardi, qui confirme des bombardements en cours sur Diabaly, montre bien que les jihadistes ne vont pas connaître de répit.

Ce mardi, le gouvernement français rendra hommage au lieutenant Damien Boiteux, ce pilote du 4e régiment d'hélicoptères des forces spéciales (RHFS), tué aux premières heures de l'intervention au Mali. L'hélicoptère dans lequel il se trouvait avait été pris pour cible par des jihadistes. Une cérémonie est prévue dans l'après-midi aux Invalides, à Paris, en présence du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

François Hollande: «Les terroristes n'ont pas conquis Diabaly, ils s'y sont réfugiés»

« Nous sommes confiants sur la rapidité avec laquelle nous pourrons arrêter, d'abord les agresseurs, les ennemis, les terroristes. Et ensuite, avec les Africains qui se déploient, ça, ça va prendre encore une bonne semaine, pour permettre qu'il y ait le retour à l'intégrité territoriale du Mali.

Des frappes ont été conduites cette nuit, justement, pour que les terroristes qui se sont réfugiés - ils n'ont pas conquis cette ville [Diabaly, NDLR], ils se sont réfugiés dedans pour se protéger - donc l'objectif c'était de les en chasser.

Donc, nous devons faire très attention. Et c'est les consignes que j'ai données, pour que la population civile soit épargnée, y compris lorsque nous conduisons des frappes. Vous imaginez bien qu'on ne va pas le faire de manière indistincte. Et encore cette nuit, ça a été sur des objectifs parfaitement ciblés, sans qu'il y ait une conséquence dommageable pour la population ».

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