La Tribune (Algiers)

14 Janvier 2013

Afrique de l'Ouest: Les Touareg du MNLA «prêts à aider» la France au Nord Mali

Les touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (Mnla) sont «prêts à aider» l'armée française à lutter contre les groupes armés au nord Mali, en faisant «le travail au sol», a déclaré hier à l'AFP un responsable du Mnla. «Nous soutenons absolument l'intervention aérienne française. Bien sûr nous sommes prêts à aider l'armée française» et à «faire le travail au sol», a affirmé Moussa Ag Assarid, joint par téléphone à Tinzawatane, dans l'extrême nord du Mali où le Mnla était réuni en congrès ces derniers jours.

Hier, au Mali, la ville de Diabali, à 400 km au nord de Bamako, près de la frontière avec la Mauritanie, est tombée sous le contrôle des groupes armés. Ce qui confirme que les groupes armés ne sont pas encore défaits. Les bombardements de l'aviation française ont certes mis en déroute les hommes d'Ansar Eddine, du Mujao et de l'Aqmi mais ils ne sont pas vaincus pour autant. Une soixantaine d'hommes armés ont été tués avant-hier dans la seule ville de Gao au cours des bombardements intenses des forces françaises.

En réaction à ces pertes, le Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) a menacé hier de «frapper le coeur de la France». «La France a attaqué l'Islam. Nous allons frapper le coeur de la France. Au nom d'Allah, nous allons frapper le coeur de la France. Partout. A Bamako, en Afrique et en Europe», a déclaré à l'AFP Abou Dardar, l'un des responsables du Mujao. «Nous allons faire aujourd'hui un communiqué sur les otages. A partir d'aujourd'hui, tous les moudjahidine sont ensemble», a souligné ce responsable du Mujao. Et si les «moudjahidine» se sont alliés, la puissance française est appuyée depuis hier par les avions de transport militaires britanniques. Les préparatifs s'accélèrent également pour le déploiement d'une force ouest-africaine.

Les premiers éléments de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cédéao) se mettent en place, sous la direction d'un général nigérian, Shehu Abdulkadir.

Le Nigeria doit fournir 600 hommes. Le Niger, le Burkina Faso, le Togo, et le Sénégal ont également annoncé l'envoi chacun d'environ 500 hommes, et le Bénin 300. L'Otan n'interviendra pas, pour le moment, dans la guerre au Mali. Saluant l'opération lancée par la France, le porte-parole de l'Otan, a déclaré hier n'avoir reçu aucune demande d'assistance de la part de Paris. Une réunion de crise sur la situation au Mali devait se tenir, hier, dans l'après-midi à Bruxelles où l'ensemble des services de l'UE impliqués dans le dossier devait se retrouver pour examiner une aide financière à la mission internationale Misma.

A Alger et après avoir exprimé son soutien «sans équivoque» aux autorités de transition de Bamako, considérant que «c'est en toute souveraineté que le Mali a demandé l'aide de puissances amies pour renforcer ses capacités nationales de lutte contre le terrorisme» - comme l'a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, M. Amar Belani-, aucune autre déclaration officielle sur l'intervention militaire française au nord Mali n'a été faite.

C'est d'ailleurs, d'outre-mer, que les Algériens apprendront que l'espace aérien algérien a été ouvert aux appareils basés en France afin de participer aux frappes au Mali. L'information a été donnée, dimanche dernier, par Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères français, qui s'est félicité, de la collaboration de l'Algérie. Cela semble confirmer le fait qu'Alger a été mise au courant des intentions de la France d'attaquer le nord Mali bien avant le début de l'opération Serval.

En effet, le ministère de la Défense nationale et dans le respect du décret exécutif n°10-199 fixant les règles de survol du territoire algérien par des aéronefs d'Etats étrangers, est tenu de répondre à la demande d'autorisation de survol du territoire national au plus tard vingt-quatre heures avant le vol projeté même dans le cas où il décide de réduire les délais de la demande d'autorisation qui sont initialement de trois semaines. «La France se devait d'intervenir de toute urgence, sinon il n'y aurait plus de Mali, mais un État terroriste... Quand les terroristes ont décidé de débouler, c'était une question de vie ou de mort pour le Mali», a ajouté le chef de la diplomatie française en estimant que la durée de l'intervention française était «une question de semaines».

Une fois que la force africaine aura pris le relais dans le nord Mali, «il faudra que les Algériens ferment leurs frontières» pour couper les combattants de leurs bases, a ajouté le ministre. Alger a indiqué depuis des mois qu'elle a intensifié la surveillance de ses frontières en y renforçant sa présence militaire.

Les shebab publient la photo du corps présumé du «chef» du commando français

Les insurgés islamistes somaliens, shebab, ont publié, hier, sur leur compte Twitter, trois photos du cadavre d'un homme blanc, présenté comme le chef du commando ayant échoué à libérer samedi, en Somalie l'otage français, Denis Allex, prisonnier depuis 2009. «Le commandant français tué durant l'opération de secours bâclée à Bulomarer», indique la légende de la première image, sur laquelle apparaît un jeune homme aux cheveux courts, portant des marques sur le visage, vêtu d'un pantalon clair et d'une chemise sombre. Sur ses jambes sont posés une arme de poing et un fusil d'assaut, tous deux munis de silencieux et de couleur camouflage. L'homme décédé porte des chaussures de type militaire et un gant de protection à la main droite. Il n'est pas possible de savoir, à partir des photos, où il a été blessé.

La troisième photo montre son visage en gros plan. Du col de la chemise dépasse, vraisemblablement mises volontairement en évidence, une chaîne et une petite croix chrétienne argentées. «Retour des croisades, mais la croix n'a pu le sauver du sabre», dit la légende. Une quatrième photo, décrite comme celle d'une «partie du butin récupéré des forces françaises en fuite», montre deux fusils d'assaut et une arme de poing, tous couleur camouflage et équipés de silencieux, et plusieurs chargeurs. Les islamistes somaliens avaient déjà annoncé plus tôt, lundi, qu'un soldat français, qu'ils disaient avoir fait prisonnier, avait succombé à ses blessures.

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