L'Express de Madagascar (Antananarivo)

16 Janvier 2013

Madagascar: Elections - Andry Rajoelina renonce à la présidentielle

Photo: http//:lexpress.mu
Andy Rajoelina

Le président de la Transition emboîte le pas à l'ancien président Marc Ravalomanana et ne se présentera pas aux présidentielles. Mais des questions restent en suspens pour une sortie de crise apaisée.

Une réponse et des conditions. Andry Rajoelina, président de la Transition, a annoncé son intention de ne pas se présenter aux élections présidentielles. Pourtant, il a donné l'impression de ne pas renoncer pour autant au pouvoir.

« Je déclare, pour confirmer mon annonce du 12 mai 2010, que je ne me présenterai pas aux élections présidentielles », a-t-il fait savoir au cours de sa déclaration à la Nation, hier soir. Il a joué sur les fibres émotionnelles des Malgaches. « Il est préférable qu'on me sacrifie plutôt que la Nation toute entière, plutôt que les 22 millions de Malgaches », a-t-il soutenu.

L'annonce présidentielle ne s'est pas limitée à son retrait de la course à la magistrature suprême. Il a suggéré le réaménagement de l'ordre des élections en proposant la tenue des législatives avant les présidentielles, « entre les mois de mai et de juillet ». « Le jumelage des élections pourrait provoquer des troubles », a-t-il argué.

Andry Rajoelina a également confirmé son refus de voir l'ancien président Marc Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud, revenir au pays avant les scrutins. « Nous avons discuté avec les chefs d'État de la Troïka (organe de coopération de la Communauté de développement de l'Afrique australe- SADC). Il a été convenu qu'il est nécessaire de mettre en place toutes les conditions qui permettront d'éviter les troubles dans notre pays jusqu'à l'avènement du nouveau président de la IVe République », a-t-il affirmé.

Le président de la Transition a tenté de rassurer ses partisans. « Il faut avoir une vision (...) Je suis la solution aujourd'hui, et je le serai encore demain », a-t-il lancé. Les propositions d'Andry Rajoelina n'ont pas caché sa volonté de se maintenir au pouvoir en contournant le « ni...ni ».

Par cette proposition, il pourra mener son camp durant les élections législatives en tant que président de la Transition. Il misera sur la série d'inaugurations des réalisations, pour commencer samedi à Toamasina, des logements sociaux, du nouvel Hôtel de ville, des rues dans la capitale de la région d'Atsinanana. Son offensive vise à obtenir la majorité au Parlement afin d'avoir le monopole du pouvoir de légiférer.

Pas une mince affaire

Si ce scénario se réalise, Andry Rajoelina pourrait récupérer le pouvoir en devenant le Premier ministre d'un Exécutif « monocéphale » jusqu'aux présidentielles. Mais il pourrait également se permettre le luxe de désigner un chef du gouvernement issu de son camp tout en restant chef de l'État.

Un tel scénario nécessite que l'inversion du calendrier électoral soit acceptée, ce qui n'est pas une mince affaire. Le calendrier actuel a été décidé par la Commission électorale nationale indépendante pour la transition et les experts des Nations unies, il a été accepté par l'ensemble des partenaires techniques et financiers. Il comporte certains objectifs, tels le regroupement des formations politiques afin d'assainir la société politique. La question qui se pose concerne la réaction de la présidence de la Transition si sa proposition est refusée.

Yvette Sylla, ancienne ministre des Affaires étrangères « salue le geste patriotique » d'Andry Rajoelina. « Cela devrait permettre d'apporter un apaisement à la situation politique », a soutenu la présidente du parti Malagasy Mandroso (MAMAN). Elle « soutient la proposition d'organiser la députation avant les présidentielles » car « l'essentiel est d'avoir des scrutins ».

La partie n'est pas gagnée d'avance pour le chef de l'État. Mamy Rakotoarivelo, président du Congrès et chef de délégation de la mouvance Ravalomanana, s'est réjoui du « respect de la décision de la SADC » dans une « réaction à chaud ». « C'est une étape qui mène vers l'apaisement, mais ce n'est pas suffisant », a-t-il poursuivi, revenant à la charge pour contrecarrer toute velléité d'interdire le retour de Marc Ravalomanana au pays.

Le président de la Chambre basse « n'est pas d'accord avec la recherche de contreparties au désistement du président de la Transition ». Il a insisté sur l'« application de la Feuille de route dans sa totalité, dont les mesures d'apaisement avant les élections (...) Nous avons besoin d'un climat d'apaisement sans nous limiter à une déclaration d'intention, sinon il n'y aura pas d'élections crédibles et acceptées par tous », a-t-il prévenu.

Mamy Rakotoarivelo « n'est pas contre le débat » sur l'inversion du calendrier électoral. « Mais on a l'impression d'entrer sur le terrain pour disputer un match avant de changer les règles du jeu », a-t-il ironisé, tout en s'interrogeant sur la réaction de la communauté internationale à cette annonce.

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